Hygiène dentaire et tir sentimental

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Bonsoir,

J’aimerais te faire partager cher lecteur des miens un moment de grâce délicate pour laquelle j’ai une affection (façon de parler) toute particulière depuis maintenant quelques années.

L’action se déroule lors d’une interview potache réalisée par le chroniqueur Rafaël Mezrahi, à l’époque où il était encore méconnu et du grand public, et des acteurs du showbiz, se permettant du coup des excentricités cocasses et un décalage burlesque dans la pratique des interviews de personnalités (du cinéma ou de la télé la plupart du temps), décalage outrancier générant la plupart du temps soit l’hilarité de l’invité (mention spéciale à l’humour de Patrice Laffont, ou Gérard Hernandez), soit de l’ahurissement amusé, soit, et c’est le cas ici, de la colère et de l’incompréhension. Tout dépend du tempérament principal qui nous gouverne, je ne suis pas là pour juger l’emportement du bœuf incriminé, d’autres auraient pu s’agacer de la sorte, ce n’est pas mon propos.

Ce qui a donc frappé tout le monde lors du passage de ce magnéto à l’époque, fut l’emportement de Jean-Pierre Castaldi, puisque c’est de lui dont il s’agit, à l’encontre du « journaliste », entretien surréaliste où on se demande à chaque instant s’il ne va pas finir par le gifler (et quand on voit les parpaings que l’animal a en guise de pognes, on se prends à espérer pour le comique que le Jean-Pierre sache se contenir).

Ce qui, en revanche, est passé il me semble totalement inaperçu, c’est le contenu, la nature des propos que le bestiau fut spontanément capable de tenir face à un individu qu’il ne connaît ni d’Eve ni d’Adam, un grand moment de lyrisme pastel qui n’a rien à envier aux divers courants de la poésie expressive, une envolée magnifique située aux alentours de la deuxième minute de la vidéo ici présente, je vous laisse déguster…




Donc je cite :
J-P C : « (…) Un film vous appartient du moment où vous le tournez jusqu’au jour où il sort ! »
R M : - Mais d’accord mais vous n’êtes plus dans le rôle c’est ce que je voulais dire simplement
J-P C : - Ah vous n’êtes plus dans le rôle d’accord, et au théâtre quand on quitte le théâtre on n’est plus dans le rôle non plus… j’veux dire on rentre chez soi, on prend un bain, on se brosse les dents et on tire sa femme. (…) »

La grande classe non ?
Notez le temps d’arrêt de Mezrahi juste après cette dernière réplique ; il est estomaqué le gars.

C’est comme ça chez les Castaldi. Le peigne, c’est pour se coiffer, le savon, pour se laver les mains, le dentifrice pour se laver les dents, et la femme pour être tirée ; tout est une question d’hygiène voyez-vous. On rentre chez soi, on a eu une dure journée de travail, heureusement, on a sa femme à tirer avant de lire un bon bouquin.
« Tu fais quoi ce week-end ?
- A priori, je tonds le jardin, je sors les poubelles et je vais faire trois courses. Le soir, je me fais une toile et en rentrant je tire ma femme.
- La routine quoi. »



Remarque on a du bol, il aurait pu dire
« (…) j’veux dire on rentre chez soi, on prend un bain, on se brosse les dents et on bourre le cul de sa bourgeoise (…) », mais ça aurait été vachement vulgaire, pensez donc, alors que tirer, ça va, c’est plus propre.

Notez par ailleurs la progression logistique :
1- le bain
2- les dents
3- la femme (qui peut donc s’estimer heureuse car, quitte à être tirée, autant l’être par quelqu’un aux dents propres, ce n’est pas mon lectorat féminin qui me contredira sur ce point).

Alors tous ensemble, travaillons dur, consommons, gâtons nos enfants et tirons nos femmes.

Quand on sait que le fiston Benjamin présente depuis environ 7 ans tout ce que le PAF peut produire comme émissions PQ (Loft Story, Secret Story, Langues de VIP et j’en passe), on constate finalement que c’est complètement raccord ; du bon goût, de la finesse, de la réserve et surtout de la décence et de la pudeur.
On constate dès lors que nous ne sommes pas tous égaux devant l’éducation reçue, et qu’il est malheureusement peu fréquent que pousse une rose à même la bouse.

Folzebuth  icon_metal.gif


PS : A tous ceux qui trouvent Bigard excessivement vulgaire (ce qui n'est pas complètement faux, force est de la reconnaître), vous constaterez que l’on peut faire pire tout en passant inaperçu. Ici nous avons affaire à un maître, une ceinture noire, du 6ème Dan de compétition !







Et en cadeau :



 

Publié dans Constat dépité

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