Je viens de recevoir un diaporama assez mièvre, dégoulinant de bons sentiments avec des photos de petits animaux entrecoupés de messages d’amour et d’amitié qui de par leur surabondance m’ont enfoncé un peu plus profondément dans le marigot purulent de mes déviances les plus assumées, diaporama dont voici quelques screenshot :
…avec en point d’orgue cette diapo ci-dessous :
…suivie de celle-ci :
Ce qui m’a remémoré instantanément une ode que je comptais faire depuis quelques temps, que voici :
Téléphone
Téléphone, je ne t’aime pas, je te hais, je t’abhorre.
Quand j’ai les mains dans la vaisselle, tu sonnes, tu m’interromps dans la tâche pénible que j’exerce, m’oblige à m’essuyer les mains rapidement et à courir car bientôt tu ne sonneras plus. En clair, tu me déranges.
Quand je suis sous la douche, tu sonnes, tu m’interromps dans mes ablutions quotidiennes, me fais pester de ne pouvoir répondre et m’oblige à m’interroger sur l’importance de cet appel perdu. En clair, tu me déranges.
Quand je suis sur les toilettes, tu sonnes, tu m’interromps dans l’évacuation de mes matières, m’oblige à m’essuyer le derrière négligemment et à courir le pantalon aux chevilles et la bite à l’air car bientôt tu ne sonneras plus. En clair, tu me déranges.
Quand je fais la sieste le dimanche, tu sonnes, tu m’interromps dans ce repos dominical, et ruine de par ton inopportune et stridente sonnerie un sommeil qui se voulait réparateur. En clair, tu me déranges.
Quand je cuisine et que j’ai les mains trop grasses, trop sucrées, trop salées, tu sonnes, tu m’interromps dans la symphonie des saveurs que j’essaie d’orchestrer (en toute modestie), et m’oblige à me laver les mains en urgence, les essuyer sommairement et courir en jetant le torchon au diable pour te décrocher deux secondes trop tard. En clair, tu me déranges.
Quand je mange, chaud, tu sonnes, tu m’interromps dans cet acte de sustentation voluptueux et m’oblige à laisser mon plat refroidir. En clair, tu me déranges.
Quand j’écoute de la musique en retouchant des photos ou en écrivant des inepties (comme ici), tu sonnes, tu t’immisces dans le processus hautement créatif (toujours en toute modestie) et m’obliges d’une part à sortir de ma réflexion, et d’autre part à baisser le volume musical pour te décrocher. En clair, tu me déranges.
Quand je suis au boulot, concentré sur une tâche bien précise, tu sonnes, généralement pour me faire part de doléances, demandes ou directives n’ayant rien à voir avec ce que je suis en train de faire. En clair tu me déranges.
Quand je regarde un bon film le soir après 21h, foutre du Diable tu sonnes, sacrilège parmi tous les sacrilèges, et tu m’obliges à faire "pause" pendant que ma femme va répondre (ce que j’ai renoncé à faire de peur d’être trop insultant et agressif). En clair, tu me déranges.
Alors autant te dire que celui s’amuse à m’appeler à 23:23 ce soir ou n’importe quel autre (comme l'indique ce diaporama, si vous suivez un peu), afin de me témoigner son amitié, me dire que les anges font des pets au patchouli ou je ne sais quelle autre connerie, je ne sais pas si c’est mon ami, mais par le sang maudit de tous les prélats de l’enfer, il ne va pas le devenir !!!
ps1 : C’est sans doute pour cette raison que je privilégie le mail et le sms dans mes relations avec mes amis et ma famille. Là, il n’y a pas cette sonnerie impérieuse qui te crie « Réponds ! Réponds ! Réponds MERDE !!! ».
ps2 : C’est sans doute aussi pour cette raison que je n’ai plus de portable.
ps3 : A la relecture de cet article avant publication, je me demande si mes proches ne vont pas finir par remplacer le sempiternel « Allo… » introductif à toute conversation téléphonique, par un « Désolé… ».
ps4 : il va sans dire que je n’ai pas transféré ce mail, brisant ainsi la chaîne de l’amitié de mon cul, les seules chaînes valables étant celles attachant les poignets des suppliciés en devenir qui balancent ces inepties pour engorger le réseau en misant sur la superstition des naïfs.
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I/ Des embouteillages :
II/ D’une file d’attente (bureau de poste,
téléski…)
III/ De la langue de Shakespeare
IV/ Du passage piéton avec feux
lumineux
V/ Du drapeau tricolore.
VI/ De la Marseillaise
VII/ Des clichés…
VIII/ Du racisme
IX/ Des voyages où les Français ont mauvaise
réputation
X/ Du sport
XI/ De la culture
XII/ De l’histoire
XIII/ Du cinéma
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