Je me suis réveillé cette nuit avec l'article qui suit pratiquement ficelé en tête, vers 3h du mat' pour être exact, alors que le "cuistre en couche" (voir article antérieur) nous enjoignait à le rejoindre pour le sortir de son lit à barreau, se méprenant à l'évidence sur l'heure de réveil, son horloge interne n'étant pas sur le même fuseau horaire que celui de ses parents.
Je le voyais (l'article) ; dans l'obscurité la plus totale de ma chambre, tout m'est apparu ; le ton, la teneur et les illustrations. J'hésitai un instant à me lever pour y travailler séance tenante, puis la raison fit un croche-patte à ma détermination, et je restai allongé en me rassurant d'avoir fait le bon choix d'un : « T'es pas un peu con d'avoir des idées pareilles ? ».
C'est cette pimpante Betty Page qui m'a sauté à l'âme cette nuit.
Drôle de destin que celui de cette femme qui, en l'espace de quelques années, aura marqué les esprits et son époque durablement, jusqu'à déteindre encore aujourd'hui sur les codes vestimentaires d'un certains glamour, d'un certain érotisme, et d'influencer certaines personnalités et une poigné d'artistes. Une sorte d'avant-gardisme du coquin, du grivois, avec une pointe de fétichisme pour épicer parfois.
Je n'ai jamais eu d'a priori négatif à l'encontre du nu d'une manière générale, loin s'en faut même, ayant été un vibrant adepte dans mon adolescence de magazines guillerets où des dames posaient dans le foin dans une tenue assez peu adaptée aux tâches agricoles.
Le constat que je fais toutefois, au sujet de la nudité de la femme comme vecteur de carrière, c'est que les débouchés autrefois étaient maigres. Je ne parle pas des actrices acceptant de se dévêtir pour un rôle, qui vieillissent mal en caressant les blanchons et en maudissant les mosquées, c'est un cas à part ; non je pense à celles dont, sans doute à tord, seule la plastique fut considérée comme digne d'intérêt. Si elles contribuèrent à faire évoluer les mœurs, s'affichant un peu partout en frivoles tenues pour taquiner la lubricité sommeillant en tout homme et décoinçant la société dans ce qu'elle avait de prude et de pudibond, le retour en terme d'accomplissement personnel et de plan de carrière fut maigrelet ; ce que l'on pourrait appeler le « quoi après ? ». Betty Page ; qui saurait de qui il s'agit sans la chronique nécro qui lui fut consacrée ces jours-ci, en dehors des concepteurs du site internet qui lui est dédié, et une poignée d'américains septuagénaires non encore atteints par Alzheimer ?
Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'aujourd'hui, il en est radicalement autre, vous en conviendrez, la nudité et l'érotisme photo pouvant manifestement ouvrir toutes les portes sans exception. En matière de « quoi après », ça se pose là...

Folzebuth
Echantillons scrupuleusement glanées en page 1 de Google, sur la 1ère ligne d'images, avec comme mots clefs Betty Page dans un cas, Carla Bruni dans l'autre.