Pictogramme, déresponsabilisation et nuisance
Je souhaite aujourd'hui aborder avec vous un sujet de réflexion assez atypique me tenant particulièrement à cœur, enfin... à couilles devrais-je dire vu qu'en l'occurrence, il me les casse (dès la première phrase, il est vulgaire... ça promet), sujet dont je me targue sans le vérifier qu'il ne doit pas être abordé ailleurs que chez votre serviteur, ce qui en tout état de cause ne peut que souligner la sagacité du lectorat de ces lieux venant s'abreuver à la source cristalline de colères brillantes dans leur unicité (attendez que ça sèche pour la deuxième couche de vernis).
Vous conviendrez je n'en doute pas un instant que la crise, les élections américaines et la paternité de la progéniture à Dati, ça commence à bien faire, ce ne sont pas les sites et autres blogs qui manquent pour discourir dessus ; pas de ça ici (ceux qui ont échoué ici en googlisant les mots Dati ou élections, je n'ai qu'une chose à dire : dommage !).
Or donc, qu'y trouvons-nous en ce lieu singulier ?
Merci de poser la question...
De la rage mêlée à de l'incompréhension au sujet d'un pictogramme à la con, en incrustation à bas à droite de mon écran durant l'intégralité du film que je regarde.
Comme j'ai cessé de hurler « pourquoi » à la cantonade sans chercher au préalable une réponse par moi-même, j'ai commencé par enquêter sur les tenants et les aboutissants de ce prurit de l'esprit.
Depuis 1996, les chaînes ont adopté un dispositif destiné à signaliser les programmes qui peuvent nuire aux enfants ou aux adolescents. En 2002, à l'initiative du CSA, les pictogrammes ont été entièrement revus pour être plus facilement compréhensibles par les adultes.
Catégorie III
Déconseillé aux moins de 12 ans ou Interdit en salle aux moins de 12 ans
(des programmes pouvant troubler les moins de 12 ans, notamment lorsque leur scénario recourt de façon répétée et systématique à la violence physique ou psychologique).
Les conditions de programmation des programmes des différentes catégories
Catégorie III : sur les chaînes autres que cinéma, ces programmes ne doivent pas être diffusés avant 22 h. À titre exceptionnel, il peut être admis une diffusion de programmes de cette catégorie après 20 h 30, sauf les mardis, vendredis, samedis, veilles de jours fériés et pendant les périodes de vacances scolaires. Pour les œuvres cinématographiques interdites en salle aux mineurs de 12 ans, le nombre de ces exceptions ne peut excéder quatre par an.
Apparition du pictogramme Le pictogramme doit être présent à l'écran pendant toute la durée de la diffusion du programme.
http://www.csa.fr/infos/controle/television_signaletique_C.php
Alors j'ai fait un rapide calcul parce que bon, j'ai eu un Bac D avec mention les gars !
Prenons un film interdit au moins de 12 ans. La durée moyenne d'un long métrage contemporain doit avoisiner la centaine de minutes. Un film débute en règle générale aux alentours de 20h50. Ajoutons 5 minutes de coupure pub si nous sommes sur une chaîne à la con. Un calcul rapide des données ci-dessus amène une fin de film au-delà de 22h30.
Bon.
Sachant que le pictogramme de mise en garde est présent du début à la fin, soit donc 22h30, ma question est la suivante : qu'est supposé foutre devant la télé un enfant de primaire à cette heure-là ? Oui car à moins de 12 ans, sauf prédisposition particulières pour l'apprentissage en milieu scolaire, on est en école primaire (ne venez pas me dire le contraire, j'ai une instit dans mon plumard).
Deuxième question : dans l'hypothèse où un enfant truande ses parents en regardant la télé au lieu d'être au lit, croyez-vous sincèrement que la pastille -12 va le conduire à zapper et changer de programme ?
Troisième question : si des parents sont irresponsables au point de laisser un gosse de 8 ou 9 ans devant la télé, un soir de semaine, allant à l'encontre de l'unanimité des préconisations médico-sociales liées à l'enfance qui ne tarissent pas d'indications sur le nombre d'heures de sommeil requises pour les plus jeunes, croyez-vous honnêtement que ces mêmes parents en ont quelque chose à carrer des avis du CSA sur l'âge que l'audience se doit d'avoir pour tel ou tel programme ?
Fort de cette argumentation démontrant l'inutilité crasse de ce logo préventif, peut-on m'expliquer à quoi il sert à part briller de son inopportune présence sur mon écran ? Sur les 5 premières minutes, à la rigueur, je dis pas... mais sur toute la longueur... merde !
Parce que oui, je suis un maniaque et un emmerdeur ; mais quand je regarde un film, j'aime m'immerger dedans, m'imprégner de l'image et du son afin de déguster les choix (bons ou mauvais) faits par le cinéaste en matière d'ambiance sonore, de couleurs, d'éclairages... et d'avoir un spot blanchâtre à même l'écran me gonfle copieux car, au delà de la consigne qui une fois de plus m'est dictée d'en haut sur ce qu'il est bien que je fasse ou non, il scintille dans l'obscurité de la pièce tel un phare de mise en garde inutile et au final je ne vois plus que ça !
Est-ce qu'au cinéma on affiche tout au long du film un logo comme cela ? Non !
Sur un CD musical, entend-t-on avant chaque morceaux sulfureux un message nous invitant à couper le lecteur si on n'a pas l'âge requis ? Mieux, un message par dessus la musique, genre pendant « Love on the beat », de Serge, une voix typée GPS qui scande : « Nous vous rappelons que cette composition musicale contient des gémissements gutturaux rappelant sans équivoque un orgasme féminin, dont l'audition n'est pas adaptée à un public jeune, merci. »
Putain, est-ce que sur "l'Origine du monde" de Courbet (pas Julien hein) on colle une gommette pour dire aux mioches de regarder ailleurs !?!?
Tenez pour la peine...
