Constat dépité

Jeudi 16 mars 2006
Un voile terne de misère télévisuelle s’abat depuis quelques années maintenant sur la France.
Au commencement, la communauté journalistique s’accordait d’un seul et même diapason à parler de Trash TV, utilisant plus cette expression parce qu’étincelante dans sa nouveauté, percutante et « mode », que pour dissuader les foules de se repaître de cette fange. Sachant que les journalistes travaillent pour les chaînes qui diffusent les émissions dites de télé poubelle, on ne peut pas trop les blâmer.
Et plus les émissions fleurissaient sur les chaînes privées, plus les journalistes s’enthousiasmaient et nous rebattaient les oreilles avec des « Que faut-il en penser ? », à grands renforts de confrontations entre un public ivre de contentement, et 2 ou 3 malheureux sortis du dernier loft ou expulsés d’un château ou désemboîtées d’un bachelor.


Loft Story / Nice People
Apologie du néant. Une poignée d’adulescent - néo barbarisme très en vogue caractérisant les jeunes adultes tels qu’ils ont toujours été au cours de ces 30 dernières années, à savoir tournés nostalgiquement vers leur enfance pour mieux refuser d’affronter leurs responsabilités d’adultes – se désignent volontaire pour être enfermé dans un gigantesque peep show où la France entière mate. L’exhibitionnisme dans sa forme la plus frénétique, avec comme audience des millions de voyeurs, dont aucun n’a de longue vue à sa fenêtre pointée de l’autre côté de la rue car vous comprenez, ça ne se fait pas.
Vide. Creux.
On les regarde dormir, manger, se hurler dessus et se griffer l’humeur sur des sujets d’une futilité édifiante, se lécher le museau voire même s’accoupler et saloper ainsi le pH jusqu’alors neutre d’une piscine qui n’en demandait pas tant.
Manne financière hors du commun ; les chaînes de télévision ont vite compris qu’au-delà du simple interlude publicitaire au prix/minute flambé, l’interactivité avec le téléphone portable du veau devant son écran pouvait représenter une rentrée d’argent torrentielle, en partenariat avec les opérateurs mobiles. Les SMS ne furent ainsi plus réservés aux triviales communications quotidiennes sur une vulgaire baguette pas trop cuite à ramener, mais devinrent un moyen de sanctionner anonymement et à distance celui ou celle qui ne plaît pas – comprendre qu’on ne voit pas assez nu(e), refusant de coucher le 1er soir et parlant un français convenable.
Une fois éjecté de sa cage vitrée, le candidat à l’oubli se voit offrir quelques derniers instants de passage télévisuel, trônant au milieu d’un plateau télé parmi ses congénères eux aussi sortis prématurément, et face à un public qui peut désormais voir de plus près ceux qu’il a éliminés.


Bachelor
Les tribulations grotesques un play-boy fortuné dont la timidité maladive et la détresse intellectuelle l'ont privé d’une relation de couple durable, lâché au milieu d’un troupeau de jeunes femmes en âge de se reproduire et titulaires d’un compte épargne fébrile.
Dans ce programme financé par une chaîne de télévision dont la médiocrité n'est plus à démontrer, notre individu se retrouve allégoriquement parlant dans la situation du double cochon ;
1/ Entouré d'un harem de pin-up de petite vertu, il est sans le savoir objectivé par la chaîne qui l’emploie sur le nombre de string qu’il fera sauter. Si en tout homme un porcidé sommeille, le sien se réveille devant les caméras, et sans vergogne, va pétrir de la gourdasse en lumière tamisée avec micro HF à la ceinture.
2/ Ces demoiselles, pour qui le souhait de trouver l'âme sœur se voit anéanti par l'ambition qu'elles ont toutes de renflouer leur compte, voient en cet individu un cochon rose de porcelaine, avec une énorme fente le long de la moelle épinière, et s’évertuent à nous faire croire qu’elles vivent un conte de fée !!!
Ce spectacle d’un individu se rendant dans un demeure cossue pour y sélectionner une femme afin d’avoir des rapports intimes avec, cette dernière y trouvant un intérêt financier certain, n’est pas sans nous rappeler que si le proxénétisme et le racolage sont interdit en France, les chaînes privées ne semblent pas concernée par ce point législatif.

Une maison close où s'ébrouent de la volaille et un cochon, c’était si j’ose dire « la ferme » avant l’heure…

Ce qui me consterne le plus dans tout ceci, c’est de m’apercevoir que l’audience de ce type d’émission est essentiellement féminine ! Sous quel angle ces téléspectatrices abordent-elles un tel programme pour ne pas se rendre compte se son côté avilissant pour leur sexe ? Où sont le romantisme et le sensuel dans ce déballage vulgaire de faux sentiments et d’argent facile.
Sale temps pour les rêveurs… le prince charmant n’est plus en collant, monté sur un cheval avec une rose entre les dents, désormais il roule en voiture de luxe, il est monté comme un cheval, et distribue des roses à celles dont il souhaite péter le collant… sordide.


Kho Lantha
J’ai envie de dire l’émission la moins dégueulasse sur le lot de fiente que nous inflige Endemol et autres depuis une demie décennie, le concept proposant à une poignée d’anonymes de se crusoer l’existence pendant quelques semaines sur une île qui serait déserte sans eux, tout le staff technique de la réalisation & l’animateur. Epreuves de type parcours du combattant et ingestion de testicules de céphalopodes divers, voilà ce qui meublera le quotidien ensoleillé de nos 2 clans – oui car ils sont répartis en équipes rivales pour lesquelles la chaîne imaginera en permanence de quoi les faire s’affronter et alimenter une agressivité mutuelle que légitimise les estomac creux et les nuits de sommeils dans les fougères qui piquent.
Si tout n’est pas préscénarisé, ce que l’on est en droit de suspecter, alors le point fort de ce spectacle réside dans la grande révélation qu’il affiche sur les comportements humains en société, à savoir que c’est dans l’adversité que les attitudes authentiques se dévoilent, et on est pas déçu de constater que très vite certains meneurs débrouillards essaient d’améliorer leur quotidien et celui du reste de leur clan, alors que d’autres préfèrent l’oisiveté et profitent telle des sangsues de l’énergie de ceux qui ne laissent pas abattre, ce qui ne va pas sans créer quelques tensions jubilatoires pour le voyeur devant son petit écran, car je vous rappelle tout de même que l’audimat reste l’ultime sanctionneur.

La ferme Célébrités / 1ère compagnie
A hurler de rire. 1ère émission françaises à reprendre le concept du « reality show » avec, tenez vous bien, des célébrités… Oh douce contraction abdominale que celle provoquée par un rire de bon cœur face à cette dénomination de célébrité pour désigner les médiocres qui furent rémunérés pour s’afficher dans cette connerie télévisuelle. Encore mieux que d’assister à l’avilissement incongru d’illustres inconnus, c’est sur des mort-vivants télévisuel que le dévolu de la chaîne se vautre, des has-been malheureux à qui on a fait miroiter un retour sur le petit écran, individus choisis, sélectionnés spécifiquement par le programmateur sur le niveau de détresse de leur notoriété.
De l’animatrice télé des années 80 tombé dans l’oubli, à l’ancienne star de sport endettée, de la blonde ex portemanteau chez Arthur à la pimprenelle Miss France, un cortège entier de visages vaguement familier, tous plus pathétiques les uns que les autres avec les escarpins dans la glaise, sans oublier une ou deux sommités de la Jet Set parisienne.
Qu’est ce que c’est quoi la Jet Set me direz-vous… ? C’est un groupe socio ethnologique constitué d’individus légalement majeurs ayant une assise financière raisonnable, pour qui la nuit est un mode de vie fait de rassemblements entre gens de condition identique (impératif), ceci afin de célébrer leur inutilité dans le champagne et la poudre à récurer les sinus. Le Jet Setter est libertin, drogué, hystérique (forcément, mélange l’alcool et les médicaments, tu verras), fainéant, obsédé, condescendant et plus globalement con à manger de la colle.

Bref, c’est toujours de la télé diarrhée, mais avec des têtes que l’on connaît. Le principe nous vient directement d’outre-atlantique, bien entendu, car en matière d’émissions gastro-intestinales, ils ont 30 ans d’avance sur Le Lay et consort. « A simple life » fut un des déchets américains dont nous héritâmes, traitant des pérégrinations scénarisées de, tenez vous bien, deux merdeuses d’héritières confites dans l’argent à volonté qu’elles n’ont jamais gagné, sans la moindre trace d’éducation, vulgaires au possible et d’une bêtise congénitale à faire passer Tyson pour Nobel de physique quantique. Objectif avoué du show, souligner l’écart selon eux phénoménal existant entre les deux poneys* obscènes, hystériques et peroxydés, face à la simplicité (c’est indiqué dans le titre) existentielle des bouseux du centre des Etats-Unis.
* Poney car l’analogie est évidente : c’est facile de monter dessus, mais ça ne sert pas à grand-chose.

L’île de la tentation / Opération Séduction
J’irais très vite sur ce terrain-là, il rejoint le bachelor, mais pris par un autre bout si j’ose (à peine) m’exprimer ainsi. C’est l’été, on a des candidats sans pudeur mais livrés avec bronzage et débordant d’hormones, quelques caméras même pas planquées derrière des vitres sans tain, une île ou un bateau ou n’importe quel endroit où se faire foutre (puisque c’est un peu le sujet), et en avant pour quelques semaines de rêve ou le clampin humide de sueur dans son 3 pièces hexagonal écrasé par la canicule va mater des éphèbes en paréo se renifler mutuellement l’oignon et plus si affinité. Les candidats peuvent même venir en couple pour faussement jouer l’indignation lorsqu’il y a tromperie, trois larmiches versés devant un objectif avide, faux sentiments et authentiques scènes de pelotage, on nous prend vraiment pour des jambons...


C’est du propre / Super Nanny / Queer / Papa s’occupe de tout
Après l’apologie du rien, la glorification du voyeurisme érotique, voici l’exutoire individuel de la nullité. Je suis une merde, et je veux que ça se sache.
Ici, les caméras ne suivent pas nos rats de labo en permanence, mais ciblent plutôt des spécimens qui excellent dans le honteux, le lamentable, et encore et toujours le pathétique.

« C’est du propre » s’invite chez des porcs ignobles vivant dans un bourbier dégueulasse, où le linge s’entasse dans l’évier avec les restes de repas et les couches du dernier, fiers qu’ils sont de montrer leurs groins mal mouchés face caméra.

« Super Nanny » présente des incapables de l’autorité parentale, des parents renonciateurs face à des chiards, des petits connards de terroristes en herbe justement façonnés par l’absence de cadre. Et la se présente la marâtre réglementaire, habillée de façon caricaturalement anachronique, l’œil pèt’sec et la moue aigre de celle qui n’est pas là pour rigoler… nul.

« Queer » présente une poignée de jeune garçons gays gominés et glamour, trop top fashion tendance s’immisçant dans le quotidien moche et sans goût d’un quelconque en survêt’, le cheveux gras et la nuque longue. Bouh qu’il est vilain dans son appart’ moche et sans goût, avec ses placards moches remplis de frippes sans goût. Heureusement que nos 5 survoltés tendances arrivent pour relooker sa garde robe, rhabiller son clapier, et détapisser sa gueule. Qu’est-ce qu’on dit ?

« Papa s’occupe de tout », pour avoir lu le sujet dans un magazine télévisuel dernièrement, présente un gros con qui fait des gosses à sa femme pour ensuite se vautrer dans le « rien » à domicile, afin de mieux laisser cette pauvresse trimer toute sa vie entre le linge à repasser, les repas à préparer, l’aspirateur à passer, les gosses à récupérer, le pain à acheter et les larmes discrètes assise sur un angle de baignoire à verser. Et comme chacun des crétins précédemment cités, simplet est content que les caméras soient présentes pour que la France entière ait de la compassion pour sa femme, et du dégoût pour lui.

J’ai une idée de sujet pour M6 ou TF1 ; je l’appelle « Ca va faire mal », et les caméras suivraient un couple où le mari cogne sa femme, et un conseiller conjugal déguisé en Gérard Klein viendrait lui expliquer que, même si ça défoule et que ça plaît aux téléspectateurs, c’est mal et ça ne se fait pas trop.


Allez, le dernier genre et non le moindre …

A la recherche de la nouvelle Star / Pop Star / Attention Mesdames et Messieurs / Star Ac’
Alors ici, ben c’est le Loft en musique.
Suite à la mode des boy’s ou girl’s band des années 90, même le clampin moyen a fini par comprendre comment un artiste ou un groupe d’artistes voit le jour aujourd’hui en France. Et comme les chaînes ont compris que les téléspectateurs étaient avisés de leurs méthodes, ils décidèrent de les montrer au grand jour.
L’époque du moustachu au visage quelconque, avec une gratte sèche et un micro fil interprétant ses chansons est révolue, désormais le chanteur n’est que l’interprète gesticulant surentraîné de chansons calibrées écrites vite par d’autres, et dont les mouvements sont chorégraphiés et la voix sélectionnée. L’artiste ne se présente plus avec une maquette dans une maison de disque, c’est les chaînes de télé qui organisent des castings géants pour créer de toute pièce l’artiste. Les vautours de la profession qui entourent le nouveau né médiatique se repaissent de l’observation qu’ils font des mœurs, des modes, de ce qu’ils croient être les goûts de leurs contemporains, afin de dégueuler le tout sur celui qui s’apprête à quitter temporairement l’anonymat.
Le voyeurisme est toujours présent avec nos caméras infrarouges filmant machin qui se lève la nuit pour pisser et truc-müche qui change de côté de lit sous sa couette Mickey.
S’ajoute également la démolition au casting, fleuron de l’émission « A la recherche de la nouvelle Star », ou des candidats se font proprement déchirer par un jury de 4 enfoirés passés maître dans l’art de la répartie cinglante. La relation sado-masochiste entre le candidat et l’animateur initié dans l’émission le maillon faible, prends ici une dimension incompréhensible à mes yeux. Parce qu’il faut quand même se rendre compte d’une chose, nous n’en sommes pas à 1ère saison de cette merde…comment font-ils pour trouver autant de gens au talent si modeste disposés à venir se faire sacrifier sur l’autel de la moquerie la plus fondamentalement méchante ? Parce ce que c’est méchant ; une des définitions de méchant est, je le rappelle : qui se plaît à faire du mal, à nuire à autrui. Une deuxième définition dit : qui peut faire mal, causer des ennuis graves ; personnellement j’attends le jour ou un candidat éconduit comme une merde devant les caméras, et donc devant sa famille et ses proches qui lui ont conseillé de venir car « tu-chantes-aussi-bien-qu’eux-tu-sais », j’attends qu’il menace de se foutre en l’air sur le paillasson de FremantleMedia France.




Ce que je pense surtout, c’est que l’humanité n’est pas prête de changer. Il n’y a plus d’exécution publique de part chez nous… c’est une sortie ludique qui nous a été confisquée il y a pas mal de temps… alors pour observer autrui dans la panade, il nous reste soit la possibilité de ralentir en voiture à proximité d’un accident de la route, en espérant que la voiture soit sur le toit, ou bien regarder la télé pour voir des citoyens lambda se faire rhabiller, tancer, nominer, moquer, tromper avec du sable dans la raie, bref humilier… parce que ce qui rassure l’audi-mateur et rend l’émission dépendantogène, c’est de se dire « La vache, heureusement que ça ne m’arrive pas à moi ». De voir le malheur s’abattre sur la maison du voisin renvoie au quidam le fait que dans sa maison tout va bien.

Du moins c’est comme ça que je vois la chose…

Folzebuth 
Par Folzebuth
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Mercredi 22 mars 2006
J’espère très sincèrement que la publicité télévisuelle n’est qu’un pâle reflet de l’idée vague que se font les minables publicitaires contemporains sur ce qu’ils croient être la société dans laquelle ils baignent, et non un critère recevable témoignant du degré de finesse d’une civilisation.

Aujourd’hui, on nous vend du shampooing en nous montrant une femme ayant un orgasme sous la douche…

J’essaie parfois d’imaginer le tour de table dans l’agence de pub :
« Les gars (je n’arrive pas à penser qu’une femme soit compromise dans cette connerie), j’ai pensé à un super concept pour le shampooing machin ; la fille se lave les cheveux, c’est super agréable, tellement qu’elle a un orgasme – ouarf ouarf ouarf – et la petite vieille qui habite à côté, entendant les gémissements de plaisir, déclare vouloir le même ! Génial non ? »
- Ouaip, sûr…
- Faut que je l’achète pour ma femme alors !
- Ouarf, ouarf, qu’il est con ce René !
- Oh Michel, quelle heure t’as ?
- 16h
-‘tain faut que j’y aille, j’dois récupérer mes gosses. Bon coco, super ton idée. Tu me trouves 3 intermittents pour tourner ça fissa, faut livrer le projet fin de semaine, ok ? ».

***

Je regrette les décennies précédentes ; les pubs étaient tout aussi connes, mais au moins c’était propre. Quand il s’agissait de nous vendre un lave vaisselle, apparaissait en fin d’annonce une attendrissante grand-mère édentée qui bredouillait en roulant les « r » pour appuyer les dires de la voix off ; pour un dépoussiérant, la délicieuse Marie-Pierre Casey glissait à plat ventre sur des kilomètres de table vernie et ponctuait en maugréant une réplique devenue culte aujourd’hui.
Désormais, la pub se fait vulgaire au possible, sans doute parce qu’en plus de débiles, on nous considère sans doute comme obsédés sexuels à tout âge. Pour nous vendre un service de renseignements téléphoniques, on met en scène une petite vieille (encore) sur une terrasse d’appartement parisien, bavant à l’aide d’une longue vue sur l’éphèbe velu qui bronze nu de l’autre côté de la rue.
J’ai quelques idées pour les publicitaires, alliant produits de consommation courante et lubricité malicieuse :

Elle : « Quoi, tu manges des KINDERs à ton âge ?
Lui : « Mais Jacqueline, KINDER ce n’est pas que pour les enfants, regarde, ça me fait bander ! »… c’est con, c’est vulgaire, ça devrait aller…

…ou encore, toujours propre et léger,

Elle : « Je ne me sens pas très fraiche aujourd’hui ! »
Sa copine : « Fait comme moi, utilise MACHIN POCKET quand t’as tes règles, tu sentiras moins ! »

C’est frais, c’est fin, c’est épicé comme un orgasme au shampooing.


Folzebuth
Par Folzebuth
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Jeudi 6 avril 2006
Le grand couturier est un imposteur ayant réussit le tour de force d’arriver à faire croire qu’habiller un top model relève de la gageure complexe (si là il n’y a pas une accroche provoc’, je ne m’y connais pas).
Il est donc reconnu pour son aptitude à habiller de façon coquette le corps de femmes dont la taille et les mensurations les autorisent à porter tout et n’importe quoi, n’importe comment. Enroulé dans de l’aluminium avec une antenne HF coincée dans un brushing professionnel et du PQ scotché sur les fesses, le jeune mannequin a encore l’air sexy ; avec une mini jupe taillée dans un paillasson, un blouson à franges « David Crockett » et un béret basque, on continue de regarder défiler un top model.

Depuis des années on nous bassine avec des mensurations, avec ces 3 chiffres définissant à eux seuls la plastique féminine telle qu’elle est supposément fantasmée par l’homme hétérosexuel de goût. 90/60/90. Et on applaudit à tout rompre des excités du chiffon car ils arrivent à saper correctement des sabliers… !

‘de Dieu, où ont-ils vu qu’un femme aujourd’hui fait 60 de tour de taille ? Les valeurs moyennes des mensurations féminines Françaises sont, après m’être documenté : 93,7 / 79,9 / 93.
Presque 80 de tour de taille !!! Soit 20 cm d’écart, excusez du peu, avec la « réalité » que construisent ces « grands couturiers » qui ont une image de la femme d’un autre temps ou d’une autre planète faite de mousseline, de tulle et où les femmes marchent toutes le long d’un trait imaginaire avec une moue de carpe et le regard perdu loin devant.


Quand on fera défiler des femmes d’1m58 ou de 75 kg, je me pencherai sur le talent supposé de ces couturiers infatués et adulés.


Pour vous dire à quel point la haute couture est un sujet tout pourri, Robert Altman a voulu en faire un film, le résultat est à chier sur les murs.

Folzebuth
Par Folzebuth
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Vendredi 21 avril 2006
Et toi, de quel côté es-tu ?

(…)

Tu ne sais pas ?

C’est pourtant simple : dans la vie, il y a 2 orientations politiques.

Si tu as par le passé évoqué la possibilité de porter assistance à quelqu’un de plus démuni que toi, tu es considéré par ton entourage comme quelqu’un de gauche. Si en revanche, tu as déclaré au cours d’une conversation que l’objectif d’une entreprise est de faire du profit, de l’argent, alors on te regarde comme quelqu’un de droite. Tu dois choisir un bord, c’est obligatoire. Si tu ne le fais pas, on le fait pour toi.

L’extrême gauche par contre n’est pas vraiment une attitude de gauche exacerbée, mais plus une pensée fondamentalement anti-droite.

Là ou ça se complique encore, c’est pour l’extrême droite, qui n’est ni une attitude de droite prononcée, ni une pensée radicalement anti-gauche, mais un mouvement rassemblant un assortiment d’individus soit simplement racistes, soit nostalgiques du IIIème Reich même sans l’avoir connu, soit complètement débiles, soit le tout à la fois. A ce sujet, Di Canio est une merde.

 

Voilà dans les grandes lignes…

Si on rentre un peu plus en avant dans le détail, on peut décliner ces orientations en 2 états reflétant leur poids gouvernemental : la majorité et l’opposition.

 

Objectif principal de la majorité, le rester.

Moyens : prendre les décisions impopulaires pendant les congés scolaires, moment de l’année où le peuple (syndiqués ou non) est le moins enclin à descendre dans la rue, revenir sur une décision dès qu’un corps de métier manifeste sa désapprobation, et offrir à la vindicte populaire quelques têtes du parti en offrandes lorsqu’un dérapage a eu lieu, ceci pour mieux assurer la survie dudit parti.

 

Objectif de l’opposition : devenir majorité.

Moyens : critiquer de façon absolue, virulente et irréfléchie toute idée ou décision venant d’en face.

 

A ce titre, comment déterminer si une idée est de gauche ou de droite, c’est assez simple ; cela dépend de qui la formule. Si c’est quelqu’un de gauche, alors c’est une idée de gauche, et si tu es de droite, tu es donc contre cette idée. Tu vois c’est assez simple puisqu’il est inutile de comprendre l’idée en elle-même, le tout est de savoir si tu es du même bord politique que celui qui a émis l’idée.

Cas particulier : si tu souhaites accéder à une fonction suprême alors que ton parti ne pense pas à toi, il est nécessaire pour faire scission de critiquer les idées politiques de ton propre bord, afin de te faire remarquer de l’électeur. C’est une gymnastique compliquée car tu critiques déjà les idées d’en face ; en déclarant mauvaises les solutions proposées par ton camp, te voilà contraint d’en proposer de nouvelles. Une méthode, noyer le poisson en alternant dans ton discours du poncif, appeler son interlocuteur de journaliste par son nom, puis rediriger l’entretien sur un air de « c’est la faute à… » en évoquant les années passées.

Démonstration :

« Les solutions, elles existent Monsieur Poivre ! Simplement aujourd’hui la France paye pour des années de passivité d’un gouvernement incapable de résorber le chômage ».

Oui, le politique et le journaliste aiment bien « résorber » - dans cet exemple, le chômage, mais cela fonctionne également avec le « trou d’la sécu » ou la violence dans les banlieues.

 

Voilà pour les partis « standard », dont les noms changent d’un pays à l’autre, mais pour lesquels les principes évoqués précédemment s’appliquent à la lettre, que nous parlions de démocrates, républicains, conservateurs, travaillistes, socialistes…etc…

Penchons-nous maintenant un instant sur les extrêmes et sourions…

 

Objet d’un parti d’extrême gauche : proposer des idées farfelues, révolutionnaires et totalement inapplicables à une quelconque réalité sociale. Depuis quelques années, la mentalité d’extrême gauche se fait de plus en plus activiste en rassemblant un joyeux imbroglio de divers courants de pensées tels que l’altermondialisme, le plébiscite du mariage homosexuel, le fauchage impulsif et illégal de plantations de graminées, le « stop » à la construction européenne, la destruction de Fast-food, bref un gigantesque fourre-tout ou les bonnes idées côtoient les opinions infondées et crétines, le tout mis sur le devant de la scène  par des moustachus quinquagénaires aux méthodes lamentables comme exemple pour la jeune génération.

 

Objet d’un parti d’extrême droite : proposer des idées de merde pour « tondus bras tendu ». Di Canio est une grosse merde.

 

Referendum : le referendum est un acte politique consistant à demander son avis à la population sur un sujet dont il ne maîtrise ni les tenants, ni les aboutissants, puisque ce n’est pas son métier… en effet, le peuple, il est dans l’ensemble beaucoup plus commerçant rue Malboeuf,  fonctionnaire à la poste, cadre chez William Saurin ou modeste employé de CarGlass-répare-CarGlass-remplace ! qu’énarque ou polytechnicien. Peu importe, on lui demande s’il valide la constitution européenne (à hurler de rire quand on y repense) ou si il est d’accord avec le traité de Maastricht (il ne sait ni de quoi ça cause, ni même où se trouve le bled en question mais bon…). En guise de contre exemple, une question simple comme l’abolition de la peine de mort, ou une réforme du système carcéral avec adoption massive du bracelet électronique pour désengorger les prisons, ou « Pour ou contre le mariage homosexuel » ne feront jamais l’objet d’un référendum car la question risquerait d’être comprise par une trop grande majorité de personnes.

 

Assemblée nationale : salle polyvalente en forme d’hémicycle où les élus députés du peuple peuvent soit, briller par leur absence, dormir, se raconter des blagues, tambouriner sur leur pupitre ou brailler quand celui qui parle dans le micro n’est pas de leur bord politique (voir plus haut les relations majorité/opposition). Dans en clair se comporter comme un mouflet mal éduqué, sous l’arbitrage d’un de leur pair muni d’un petit marteau et d’un micro également, prenant son rôle très au sérieux. Peu de solennité, ambiance cour d’école, le tout sous l’œil inerte des caméras de France Télévision, pour que les gosses qui n’ont pas classe le mercredi en profitent.

 

Président de la république : ancien homme politique ayant accédé à ce qui est communément appelé la « fonction suprême », à savoir être le mari de la première dame de France… j’aime beaucoup cette expression, 1ère dame, d’ailleurs en parlant de numérotation, si quelqu’un pouvait me trouver le n° de ma femme, car à défaut d’être première, j’aimerais bien connaître sa position dans le classement national.

Accomplissement total d’une destinée politique, le président fraichement élu peut alors se prélasser sur des lauriers durement gagnés, constituer un gouvernement, dissoudre une ou deux assemblées, vendre quelques avions ou trains à l’étranger et œuvrer vers la fin de son mandat à sa propre réélection ce qui ne devrai pas être compliqué tant l’électorat français préfère en règle générale le « sortant » à l’outsider, ce n’est pas M. Chaban Delmas ni M. Gaston Defferre qui me contrediront.

 

 

Une vrai bonne idée politique n’est généralement pas issue d’un véritable homme politique au sens « énarque » ou polytechnicien du terme, mais plus d’un homme de terrain, comme un fils d’immigré italien devenu artiste de music-hall, un prêtre ex-moine capucin s’étant fait remarquer lors d’un hiver de milieu de siècle particulièrement rigoureux pour les indigents et les frileux, ou encore d’un assermenté d’Hippocrate se mêlant de la misère médicale de pays dépourvus de porte-voix pour attirer l’attention.

 

 

Folzebuth

 

PS (post scriptum et non parti socialiste, banane) : Di Canio est une énorme merde.

 

Par Folzebuth
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Vendredi 12 mai 2006

Mars, Vénus… vox populi me rabâche depuis quelques années, hommes et femmes ne viendraient pas de la même planète, façon imagée de souligner de façon charmante et céleste les différences de comportements flagrantes entre les 2 sexes. Il ne viendrait à l’idée de personne de remettre en question une telle affirmation tant elle brille de par son évidence dans le quotidien parfois houleux des relations mixtes, qu’elles soient amicales, professionnelles ou plus si affinités.

 

L’objet de cette chronique n’est donc pas de nager à contre-courant dans les flots tumultueux de la psychologie des relations  entre elle et lui, mais plus de souligner d’un exemple récurrent mon incompréhension totale à l’égard de ces filles ou jeunes femmes qui m’entourent. J’insiste en premier lieu sur le caractère régulier marquant la fréquence avec laquelle cette observation fut faite. Le comportement de groupe que je m’apprête à relater ne fut pas observé 1 fois au cours de mon existence, mais bien à 5 ou 6 reprises à intervalles réguliers. C’est d’ailleurs la régularité avec laquelle ces faits survinrent, la dernière en date s’étant déroulée il y a quelques semaines à peine, qui m’amène à rédiger cette chronique colérique et dépitée.

 

Expérience :

Vous choisissez un individu de sexe masculin, d’apparence raisonnablement banale, ni beau comme un Dieu, ni laid comme un pou poisseux. Juste un gars, un de ceux avec qui on bosse, qu’on croise dans la rue sans se retourner, un de ces figurants de plateau télé, ou d’arrière plan flou cinématographique, là pour remplir l’image.

Important pour l’expérience, si le sujet masculin est facile à trouver, de par l’insipidité physique qui le caractérise, il est important qu’il soit seul dans sa catégorie d’homo sapiens à scrotum, 2 tout au plus, afin qu’un ratio sexuel déséquilibré marque le début de notre test.

Vous plongez ensuite notre sujet dans un volume nettement supérieur en nombre d’individus de sexe carrément opposé, et d’approximativement la même tranche d’âge. Selon le degré de puberté/sénilité des cobayes choisis, et la nature des relations qu’ils entretiennent, la boîte de Petri* de cette expérience pourra être soit un restaurant, soit une cour de lycée, soit un amphithéâtre de faculté, soit les 4 mètres carrés de lino revêtant le sol d’une salle de pause-café.

Laissez alors infuser les conversations allant bon train sur l’indice de fiabilité des prévisions météorologiques du WE à venir, les dents longues de l’homme politique dont la cote de satisfaction populaire dégringole, ou encore la médiocre qualité du film passé la veille (faut dire qu’il était commercial, qu’y avait pas de scénar’ et que les requins étaient tout petit !!!).  Faire preuve de patience car sur la gamme de sujets abordés, celui qui nous intéresse peut très bien ne pas faire surface à chaque fois. Un stimulus peut éventuellement précipiter le phénomène mais nous vicierions de facto la crédibilité de nos conclusions.

Avec un peu de chance alors, l’effet escompté se produit. Alors que notre sujet masculin est muet comme un rouget (parce bon, je ne vois pas en quoi la carpe serait plus muette que n’importe quel autre poisson…) et se contente d’absorber auditivement les bavardages plus ou moins intéressants auxquels il assiste, une des actrices de l’échange verbal en cours va alors faussement solliciter le ressenti de ses interlocutrices sur la proportion d’individus de sexe masculin, dans l’environnement immédiat du cercle qui les concerne (amphi, département de l’entreprise, voire entreprise au sens large, classe, asso diverses…), individus répondant au brillant et sophistiqué qualificatif de « pas mal »,  et de l’émoi que ces heureux veinards susciteraient le cas échéant. En gros, elle demande aux autres ce qu’elles pensent des mecs qu’elles côtoient au quotidien.

Ce qui ce produit dès lors est fascinant à observer d’un point de vue strictement sociologique et comportemental ; la réaction est prompte et unanime parmi l’auditoire questionné, et la réponse tombe telle la feuille d’acier sur la nuque bien dégagée du condamné à l’étêtage :

« Des mecs bien…? …j’ai beau chercher, franchement j’en vois pas ! ».

 

Impeccable ! Maintenant que notre expérience a donné ce résultat grandement escompté, il ne nous reste plus qu’à analyser la donnée principale obtenue, qui est je vous le rappelle – des mecs, dans le cercle immédiat, y en a pas un de bien – donnée mise en corrélation avec les éléments de départ, à savoir un ensemble largement non homogène d’individus de sexes différents, sur la base d’une paire de bourses pour six à huit paires de seins. 2 conclusions sautent alors aux yeux :

 

La 1ère souligne un type d’attitude intéressant à observer, où le sujet de sexe féminin fuit farouchement toute forme d’harmonie sur les avis positifs qu’elle pourrait avoir en commun avec ses interlocutrices, déniant de façon absolue qu’un seul individu mâle puisse éventuellement lui seoir. Ainsi fait, ses véritables goûts restent préservés de la critique aigre-douce dont ils eussent pu faire l’objet si sa réponse eût été authentique. Au contraire, n’épanchant point mièvrement ses sentiments affectifs, elle demeure énigmatique dans le cercle, un soupçon rebelle et considérée comme délicate dans ses choix.

 

La 2ème conclusion est que l’individu de sexe masculin pris dans la tourmente d’un sujet de conversation féminin qu’il ne maîtrise plus, devient, de par la minorité qu’il représente à cet instant, totalement translucide et sub-existant.

Il appartient à la reluisante catégorie des « mecs » gentiment évoquée, il le sait, il en est sûr.

Malgré cela, aucun cas n’est fait de l’éventuelle sensibilité ou susceptibilité pouvant être propres à notre sujet pomme d’Adam, puisque de toute façon, il n’est plus là ! C’est donc le verbe léger et la langue agile que les miss vont pulvériser sans s’en rendre compte, le peu d’amour propre dont ce fébrile malheureux dispose.

 

 

Lorsque ce tableau se présenta à moi la dernière fois, il y a quelques semaines disais-je au début de cette chronique, je ne pus m’empêcher de faire part de ma 2ème conclusion aux jeunes femmes attablées en ma compagnie, sur un ton qui je dois l’admettre laissait transparaître un agacement volcanique évident. La plus gentille comprenant alors l’impair, bredouilla, pour rattraper le coup, un : « enfin, on veut dire que…   …sur les mecs dispo, il n’y en a pas un de bien… tu vois ? ».

Me voilà rassuré ! En fait, je suis super canon comme type, simplement je suis en couple, donc hors sujet… malhonnêteté, quand tu nous inspires…

 

Si le côté caricatural et cruel de cette séquence de vie ne te saute toujours pas aux yeux gentil lecteur, je te propose de faire la même expérience en inversant les proportions de départ. 6 ou 8 types qui, en présence d’une amie ou d’une collaboratrice, déclarent tout de go que pas une des femmes qui les entourent ne sont désirables. Je te laisse imaginer l’humeur guillerette de la demoiselle après ces révélations ; et que pensera-t-on des mecs dans ce schéma ? Que ce sont des gros cons de mufles sans tact ni éducation. Et on aura raison.

 

Folzebuth

 

*A celles & ceux qui l’ignorent, la boîte de Petri n’est nullement une discothèque underground branchée techno-italienne, mais une boîte cylindrique peu profonde, en verre ou en plastique munie d'un couvercle, la plupart du temps remplie d'un liquide nutritionnel permettant le développement de micro-organisme en culture étudiés en biologie (merci Wikipedia).

Par Folzebuth
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A tous ceux qui échouent ici suite à une requête Google comprenant les mots  "femme à poil", "Laetitia Boudou/Hallyday nue" ou encore "Grosse femme nue fait caca", le tenancier de ce blog vous informe qu’il est peu probable que vous trouviez une quelconque satisfaction à la lecture des écrits contenus ci-dessous. Vous pouvez donc passer votre chemin avec au cœur mon souhait que vous puissez trouver votre Graal (nu donc) sans trop de peine.
 

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