Cinéma & critiques

Mercredi 29 mars 2006
Il y a un peu plus d'un an, j’ai été proprement scandalisé par la publication dans le magazine Première d’un courrier de lecteur qui à mon sens n’avait pas sa place dans ce type de mensuel. J’ai écrit à la rédaction en leur demandant simplement de me répondre, ils n’ont pas jugé utile de le faire, ce qui témoigne de l’intérêt qu’ils portent sur l’avis de leurs lecteurs. La création depuis de mon blog me permet désormais de publier ma missive en espérant que vous soyez les plus nombreux possible à me lire, car à défaut de les avoir intéressé eux, gageons que cela vous fasse réagir vous, cher lecteur.

Bonjour Première,
Je ne vous demande pas de publier ce propos, beaucoup trop long à votre goût j’imagine. Je vous demande simplement de m’en accuser réception, de le lire jusqu’au bout, et d’éventuellement en prendre acte pour les fois prochaines.
Votre rubrique « Journal des lecteurs » laisse la part belle à la libre expression de vos lecteurs et abonnés sur les sujets traités, le magazine en lui-même, les images & photos… je souhaite pour ma part réagir vivement aujourd’hui sur la publication lors de votre précédent n°,  de ce que vous qualifiez comme étant LA CRITIQUE DU MOIS, intitulée « Le Saigneur des Anneaux », issue de l’esprit torturé d’un certain Frédéric XXXX (j’ai longuement réfléchi et pesé le pour et le contre afin de déterminer si je préservais l’anonymat de cet andouille, et j’ai voté pour, allez savoir pourquoi…).
Je trouve détestable, en tant que lecteur assidu de votre magazine et amoureux du cinéma dans sa plus grande variété, que l’on m’inflige un tel pamphlet médiocrement écrit sur le chef d’œuvre littéraire/cinématographique de Messieurs Tolkien/Jackson. C’est indigne de la part d’une revue, qui elle même encense cette trilogie, de publier le courrier d’un lecteur qui démolit ainsi un film d’une telle qualité pour faire parler de lui, représentatif qu’il est d’une extrême minorité de la population (à l’échelle mondiale, nationale ou ce que vous voulez d’ailleurs). Tout le monde sait et considère comme une évidence intrinsèque à la nature humaine que lorsque un événement cinématographique majeur voit le jour sur les écrans, donnant une impression de quasi-unanimité dans l’enthousiasme collectif des médias et du public, une poignée d’imbéciles (on en a tous un dans notre entourage) déclare ne pas avoir aimé dans le seul et unique but de prouver à son audience que lui au moins, il pense, qu’il n’est pas un mouton et que son opinion est selon lui recevable puisque existante dans son opposition. Amélie Poulain, Titanic, Kill Bill… autant de chefs d’œuvres qui ont trouvé leur quota infinitésimal de sots essayant de critiquer soit le casting, soit le scénario, soit la musique ou encore (et c’est souvent le propos le plus navrant) la mise en scène. Attention, je ne suis certainement pas en train de remettre en question le droit le plus élémentaire de chacun de dire : « Je n’ai pas aimé, ça ne m’intéresse pas, je n’ai pas été captivé par l’histoire, le sujet ne m’attire pas ou ne m’a pas plus… ». Je dis simplement que si on a un reproche à faire pour démolir un film, on est prié de maîtriser son sujet et savoir de quoi on parle. Une critique se doit d’être constructive, étayée par des arguments fondés et valables ! En gros et pour parler vulgairement, tu as le droit de ne pas aimer ce que moi je déguste, mais tu es prié de ne pas chier dans mon assiette ! Je suis très remonté, donc je continue…
Je reprends maintenant la critique de M. XXXX dans son intégralité et point par point (propos en rouge italique), et je commente :

Pendant presque trois fois trois heures, j’ai avalé du sermon sur le courage, la vertu, le sacrifice, l’honneur, l’amitié, le devoir, le dévouement (et j’en passe).
Ma première question à Mr XXXX – si c’était à ce point imbuvable sur les 3 premières heures, pourquoi s’être infligé les épisodes 2 & 3 ? Par masochisme, ou dans la perspective de vous écrire par la suite ?

Peter Jackson en parle avec un centième de l’intelligence et de la délicatesse de Ridley Scott dans « La chute du Faucon noir ».
Merci de comparer ce qui est comparable. Il y a une différence sensible tout de même entre l’adaptation ciné du plus grand ouvrage d’héroïc fantasy et la mise en image d’un dramatique fait divers militaire authentique. Comparer le film de Ridley Scott avec « La liste de Schindler » et celui de Peter Jackson avec « Willow » ou « Conan le barbare » a déjà plus de sens. Le foie gras et les profiteroles au chocolat sont 2 mets très goûteux ; rédiger une critique comparative entre les deux n’a aucun sens !

Le Seigneur des anneaux 3 est truffé de passages qui, mis en relation les uns avec les autres, en font une soupe primitive rumsfeldienne imbuvable. Formidable… une bien belle analyse. L’adjectif « rumsfeldienne » renvoi certainement au secrétaire à la Défense du gouvernement US et au rôle politico-médiatique qu’il a joué dans le conflit Américano-iraquien de ces dernier mois, dont l’influence sur l’œuvre de Tolkien n’est plus à démontrer (œuvre qui a été publié en 1954 et 1955, pour mémoire).

Il y a le prêchi-prêcha d’Aragorn sur les hommes de l’Ouest. Il y a les mercenaires, ces hommes en costumes arabisants sur les éléphants, ravalés au rangs de bêtes (c’est le même body count que celui des Orques) et massacrés comme il se doit. Quand bien même les costumes seraient « arabisants », ce qui est une façon bien médiocre de réduire à rien le travail des costumiers (oscarisés, excusez du peu), est-ce supposé être une critique ? Pire, une critique dénonciatrice d’un racisme hypothétique comme peut le soutenir un Patrick Besson (chroniqueur) ou une Isabelle Smadja (Philosophe agrégée s’étant fait remarquer par ses élucubrations sur le sujet – vous constaterez que l’on en revient toujours au concept du « Tout le monde en dit du bien, donc j’en dis du mal pour prouver que j’existe »).

Mr XXXX n’est d’ailleurs pas à une contradiction près, puisqu’il s’offusque et condamne les massacres perpétrés dans « Le Seigneur des Anneaux », et fini sa critique en mettant Kill Bill sur un piédestal (qui en matière de massacre se pose là, et donne un nouveau sens à l’expression bain de sang). Pour éviter ce genre de scènes, je lui conseille d’éviter les films épiques, les films de guerres, pour se réorienter vers les comédies sentimentales comme « Gigli ».

Il y a aussi la trilogie peuple (sujets pour être précis) – terre – roi qui augure un remake de ce bon vieux Triomphe de la volonté, de Leni Riefenstahl.
Honte à vous Première de cautionner de la boue merdique telle que celle-ci ! Comment peut-on, comment ose-t-on faire une analogie telle que celle-ci, et déclarer innocemment sur le ton de la conversation que l’un des ouvrages les plus lus au monde ne soit qu’un ersatz, une pâle copie d’un film de propagande du IIIème Reich. Ce n’est plus de la médiocrité intellectuelle, c’est de l’indécence et de l’ineptie au plus haut point. Qu’un crétin (parce qu’il n’y a pas d’autres mots) auto-suffisant utilise un des porte-étendards de la propagande Nazi, pour expliquer à la populasse qu’elle suit béatement ses dogmes s’en sans rendre compte en regardant le Seigneur des Anneaux !!!… c’est indiscutable, le gouffre de la connerie est abyssal et n’a pas de fond.

Je passe sur la longueur du film. L’histoire est simpliste à mourir de rire : les gentils sont en blancs, les méchants sont en sombre. Bien sûr… l’histoire est simple, elle dure plus de 9 heures de films, est l’objet d’un roman de plus de 900 pages, mais elle est simple… Sur le second point, l’analyse très fine des codes de couleurs, je rappelle que Lord Vador est en noir, le jeune Skywalker en blanc, mais j’imagine que Mr XXXX a du détester Star Wars compte tenu du nombre de personnes l’ayant apprécié. Toujours dans la rubrique « les méchants en sombre, les gentils en clair », j’informe l’ahuri de service que Saroumane est en blanc et Aragorn en sombre du début à la fin de l’ouvrage. A-t-il vraiment vu le film ou se l’est-il fait raconter ?

A la fin, le Nazgul est si vulnérable qu’on se demande pourquoi les gentils-tout-en-blanc se faisaient du souci.
La trame dramatique de l’œuvre ne tourne pas autour de la crainte du Nazgul, absolument pas même, ce qui m’amène à reformuler la question : Mr XXXX a-t-il vu le film ou lu le livre ? Je ne vais pas me fatiguer à lui expliquer en quelques lignes ce que Tolkien a mis des mois à coucher sur le papier. Tenir des raisonnements simplistes ne peut être que le témoignage de la simplicité d’esprit de Mr XXXX (j’en viens aux agressions personnelles mais je n’ai toujours pas digéré les allusions nazies de ce facho). D’ailleurs, les « gentils-tout-en-blanc » ne se faisaient pas tant de souci, merci pour eux, Aragorn à lui seul en met plusieurs en déroute lors de l’épisode du mont venteux, et Arwen également plus tard lors du passage de la rivière (mais bon, il faut avoir vu le film pour être sensible à ces points de détails, n’est-ce pas ?).

Très solennellement, et pour finir, je remercie d’avance tous ceux qui prennent plaisir à voir Harry Potter et Le Seigneur des anneaux d’éviter les salles qui projettent Kill Bill. D’une, vous feriez un conflit socio-cognitif. De deux, votre brouhaha m’empêcherait d’apprécier le film.
Quelle grandeur intellectuelle, que de souligner sa critique (si on peut appeler cette merde une critique) en conspuant ceux qui apprécient le film. C’est une attitude noble et digne, que l’on retrouve chez des orateurs très surs d’eux mais à court d’argument très vite.

Laissons là le triste Mr XXXX, ce type est un con, et revenons à nous deux, Première.

Je te demande à l’avenir d’analyser les courriers de lecteurs, et de peser le pour et le contre quand à la diffusion de leurs propos.

Faire un film n’est pas à la portée du 1er venu, le critiquer est un métier et n’est pas à la portée du 1er venu. Quand à dire n’importe quoi à propos d’un film (oscarisés 11 fois et faisant recette partout dans le monde auprès d’un public enthousiaste, fan ou non de l’ouvrage)… quand à dire n’importe quoi à propos d’un film disais-je, c’est à la portée du 1er gland venu, et bordel, je n’achetais pas Première pour lire n’importe quoi !


Folzebuth  undefined
Par Folzebuth
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Dimanche 7 mai 2006
Il est assez intéressant d’observer et écouter ses contemporains parler, au sortir d’une salle obscure, sur un forum internet traitant du 7ème art comme il en existe de nombreux, ou tout simplement devant la machine à café du boulot en attendant patiemment son tour, et recueillir ainsi les avis et sentences absolues prononcées à l’encontre du dernier film qu’ils sont allés voir la veille…

Toi, tu souhaites savoir si un film est bon afin de déterminer s’il vaut la peine d’être vu au prix d’une place de cinéma qui n’a de cesse d’augmenter, ou s’il supportera bien d’être, 2 ou 3 ans après, vu morcelé par les lamentables et turpides coupures publicitaires de chaines télévisuelles pompes à purin.
Ou alors tu as déjà vu le film et tu souhaites partager tes impressions, ton analyse, ton regard sur cette toile et cherche désespérément une âme avec qui échanger sur le fond et la forme, le film est-il bon ou pas, l’ais-je aimé ou pas et pourquoi ?

Après avoir longuement observé mes contemporains, un premier constat s’impose :
Dans l’immense majorité des cas, un joyeux amalgame est fait entre le jugement porté sur la qualité du film et l’appréciation personnelle de son contenu : en clair, « j’ai pas aimé, le film est donc mauvais ».

Deuxième constat : le métier de scénariste est un des boulots les plus ingrats du monde. En effet, l’éclairage, la photo, les décors, les costumes, la bande-son – vulgum pecus s’en moque, passe au travers. Mais le scénario, il a forcément un avis dessus, et si le film ne lui a pas plus, la ritournelle implacable se fait alors entendre : « Pfô ce film, y’a pas de scénar… ». Et crois-moi sur parole gentil lecteur, si j’eus perçu 10 balles à chaque fois que j’ouïs cette réplique, j’aurais Bill Gates comme concierge.
Je l’ai entendu sur toute une gamme de film, de Titanic à Jurassic Park, Ong Bak, Les Visiteurs, Dardevil, Star Wars, autant de films tous différents, certains excellents, d’autres catastrophique, mais si on en croit vulgum pecus, tous dénués de toute trace scénaristique. Et entre nous, dire à propos d’Ong Bak que le scénario est pauvre voire inexistant est à peu près aussi crétin que rouspéter sur le manque de place pour un fauteuil bébé à l’arrière d’un coupé sport !

Troisième constat : une partie de la population française est convaincue qu’elle est la digne héritière d’un mode de pensée élitiste qui implique et consiste presque exclusivement à déféquer sur ce que la majorité de ses compatriotes apprécie.
J’en veux pour preuve que le mot « commercial » a une connotation péjorative incontestable de nos jours, quand celui-ci fait suite à « Roman » ou « Film ». Parce que si c’est commercial, c’est que cela se vend bien, si cela se vend bien, c’est que ça plaît au plus grand nombre, et si cela plaît au plus grand nombre, c’est forcément de la merde en sachet.
Ce raisonnement poussée à l’extrême à conduit un minable Rédac’ chef des inrockuptibles, ou un imbécile de journaliste de Libé, à déposer une bouse dans Libération au sujet du film de Jean-Pierre Jeunet, le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain, n’hésitant pas à taxer le film de fascisant et LePéniste. Et tout cela pourquoi ? Vendre son torchon merdeux en faisant croire qu’une pensée est intelligente dès qu’elle en opposition de façon outrancière au courant d’intérêt populaire, et couchée sur le papier avec 3 mots de français correct et des références à n’en plus finir à Philippe Delerm ou  encore Marcel Aymé.
Pauvre médiocre…

Quatrième constat : les arguments servant à classer implacablement un film dans la rubrique des mauvais le sont souvent eux-mêmes.
« Open Water, c’est nul, les requins y sont tout p’tits… », dixit un animateur radio
(ancien de Canal+, la prétendue chaine du cinéma…) pour amuser la galerie. Bien sûr que sa remarque n’était pas faite dans le cadre d’une critique de film construite  et vendue comme telle ; elle n’est que le témoignage flagrant de la spontanéité avec laquelle vulgum pecus peut dire n’importe quoi pour justifier son point de vue sur un film qu’il n’a pas aimé (et je vous renvoie au 1er constat).
« Le Seigneur des Anneaux, c’est nul : à un moment donné le type il court, il s’arrête devant un coucher de soleil et il dit (…) ». Voilà comment une collaboratrice, charmante au demeurant, démolit un film de 9h : sur une séquence de 20 secondes et une réplique. Ca doit donner envie aux réalisateurs / acteurs / scénaristes / compositeurs / producteurs / cadreurs / illustrateurs / cascadeurs de se casser le cul à plancher pendant des mois.
(tout commentaire désobligeant à l’égard du Seigneur des Anneaux sera purement et simplement bouté hors du blog par l’administrateur dictatorial que je suis – c’est mon blog, je fais ce que je veux.)

Cinquième constat : des avis sont souvent placidement apposés par vulgum pecus sur la performance d’acteur/trice du 1er rôle affiché dans le dernier long métrage devant lequel il a baillé. En creusant un peu, on se rend vite compte que ce jugement « professionnel » sur l’aptitude du comédien à endosser le rôle, est rendu alors que le film fut diffusé en version française…
(Logique vu que 95% de la télé française sans péage (je me refuse à dire gratuite) diffuse les films en VF, et que cette même proportion s’applique aux salles de cinéma - en province du moins).
P. Chan-wook
S. Spielberg
P. Almodóvar
W. Allen
M. Haneke
Qu’on m’explique comment la qualité de jeu d’un interprète Coréen, Californien, Madrilène, New Yorkais ou Autrichien peut-elle être évaluée correctement quand un type à l’accent rive droite de Seine parle sur ses mots, en essayant tant bien que mal de faire coller des blagues intraduisibles de la langue d’origine sur des lèvres qui ne sont pas les siennes… et avec une voix qui ne ressemble en rien à celle d’origine…

Aux fans inconditionnels de la VF, j’ajoute que lorsque messieurs Patrick Poivey, Jacques Franz et Richard Darbois passeront l’arme à gauche (ce que je leur souhaite le plus tard possible), il faudra qu’ils s’habituent à de toutes nouvelles voix pour la liste d’acteurs suivants :
Tom Cruise, Daniel Day Lewis, Don Johnson, Spike Lee, Mickey Rourke, Bruce Willis, pour l’un…
Georges Clooney, Richard Gere, Danny Glover, Jeff Goldblum, Val Kilmer, Bill Murray, Liam Neeson, Kurt Russel, William Shatner, Sylvester Stallone, Patrick Swayze, Dan Akroyd, Tom Berenger, Jeff Bridges, Harrison Ford, pour un autre…
…et Robert De Niro, Mel Gibson, John Goodman, Steve Martin, Nick Nolte, Tom Berenger (encore!!!), Jeff Bridges (re-encore…), et Gary Busey pour le troisième…
C’est du délire ; 3 comédiens doubleurs, 27 comédiens doublés… sans parler de l’incompatibilité de voix si 2 comédiens doublés par le même doubleur se retrouvent dans le même film… bref…

Un dernier constat pour la route, et non le moindre ; l’avis implacable du spécialiste : si le film traite d’une époque particulière, d’une discipline, d’un sport, d’un art ou d’un quelconque sujet bien spécifique, on trouve toujours LE spécialiste, LE passionné qui voit enfin l’occasion d’étinceler grâce à sa passion de toujours et va dénigrer le film non sur ses attributs intrinsèques d’œuvre cinématographique, mais sur la base d’allégations pointues dans son domaine de prédilection que le film maltraiterait, ce que personne en dehors de lui ne peut vérifier. Il va donc sur des points de détails, contester la fidélité historique d’un péplum, vilipender sur la posture d’un pianiste, ou se gausser simplement sur les aptitudes super-physiques d’un super héros, simplement parce qu’il est un amateur du genre, qu’il l’était avant les autres et qu’il veut que ça se sache. On rejoint en cela la notion d’élitisme évoquée en 3ème constat.


```

On résume : tu veux briller en société en abordant le sujet 7ème art, ou simplement impressionner Monique à la Cafèt’ de l’entreprise ? Déclame sans hésiter et sur un ton laissant supposer une assurance féroce teintée de dédain, que seul les érudits condescendants et quelques félins cannibales ont :
« Y’a pas de scénario dans ce film, c’est commercial, c’était nul, je n’ai vraiment pas aimé. Et en plus les requins sont tout petits ! »
(Attention toutefois, la remarque sur les requins ne fonctionne pas pour tous les films).
 Avec un verbiage tel, tu critiques n’importe quel film, de toute façon, soit ton interlocuteur n’a pas vu le film et ne te contredira pas, soit il l’a vu et a aimé, et fermera son museau de peur de passer pour un niais-qui-aime-les-films-commerciaux (tout juste osera-t-il murmurer un timide :
« heu, en fait j’ai bien aimé moi… »), soit il pompe que dalle à ce que tu racontes et hochera de la caboche tout en pensant à sa liste de courses à faire.

Folzebuth


Par Folzebuth
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Samedi 1 mars 2008
Cela fait maintenant pas mal d’années que je ressasse les mêmes aigreurs, répétant à l’envi et à qui voulait bien m’entendre mes colères et mes haines sur des sujets aussi éclectiques que passionnants (enfin de mon point de vue surtout…), et souhaitant sans faillir rallier mon auditoire à mon avis à moi, ce qui fait beaucoup trop de « me » pour une seule phrase.
Force est de reconnaître qu’il ne fut pas toujours aisé de convaincre mon entourage du bien fondé de mes positions, tant sur l’adolescence que sur la Corse, sur la royauté, la plastique des présentatrice de JT sur Canal+ ou encore Windows, difficulté à me faire entendre liée la plupart du temps au fait que mes contradicteurs veulent aussi débattre, ce qui a pour odieuse conséquence le fait de m’interrompre, et ce avec le plus souvent une mauvaise foi que seul un homme politique est capable d’avoir en temps normal.

D’où l’existence de ce blog.

En avant,



Après m’être offert un con sur canapé il y a de cela quelques années, ulcéré d’avoir lu son pamphlet minable au sujet d’un de mes films cultes dans la rubrique « courrier des lecteurs » d’un magazine que je n’achète plus (par ici), après avoir sobrement oint de matières fécales les cuistres qui jugent le cinéma sans savoir de quoi il est fait (par là), j’ai décidé ce jour de m’offrir le plus boueux, le plus auto-suffisant, le plus laxatif des magazines soi-disant culturel, j’ai nommé : "Les Inrockuptibles".

Comme à chaque fois qu’il y a trop de choses à dire, je ne sais jamais par où commencer ; attaquons de manière simple par la petite définition de Wikipedia :
Les Inrockuptibles, familièrement appelé Les Inrocks, est un magazine français apparu en 1986, édité par Les Éditions Indépendantes.
(…)
En 1986, Christian Fevret et Arnaud Deverre lancent un bimestriel rock au look sobre et au ton sérieux, uniquement composé d'entretiens et de photos noir et blanc. Leur motivation est l'envie de rencontrer leurs héros (Leonard Cohen, David Bowie...) et de faire découvrir certains artistes d'une scène anglaise alors méconnue. Rapidement, le magazine devient mensuel et des articles sur la littérature et le cinéma apparaissent. Il devient alors reconnu pour ses entretiens de très grande qualité.
En 1995, il change de format et de style et adopte la périodicité hebdomadaire. Il se veut alors généraliste culturel, traitant de musique, cinéma (c’est bien là le problème), littérature, société, télévision, etc. Régulièrement, des compilations sont ajoutées au magazine (titres représentatifs de l'actualité musicale « branchée », extraits de romans, bande annonces de films à venir, etc.).
La rédaction souhaite porter un regard critique sérieux sur les musiques rock et les arts contemporains. Elle aborde l'art et la société avec des opinions bien ancrées à gauche et une approche intellectuelle, jusqu'à paraître élitiste ou snob pour certains.

Alors, ne t’y trompe pas cher lecteur, le « pour certains » noté en fin d’article me concerne implicitement. En fait, on dirait presque que la dernière phrase a été rédigée pour me faire plaisir.

"Les Inrocks", comme ils disent, incarne à lui seul tout ce qui me débecte et m’écœure chez certains de mes contemporains, de plus en plus nombreux, et qui se nomme snobisme intellectuel.

Plus que de longs discours, un exemple simple pour résumer la façon qu’à ce torchon d’évaluer la qualité d’un film. Tu choisis un film qui semble faire l’unanimité, qui bénéficie d’un accueil favorable du public, de la profession et de la presse spécialisée (spécialisée dans le cinéma, hein, parce que l’avis de Elle ou de Match m’intéresse à peu près autant que l’horoscope de Britney Spears), qui jouit* d’une campagne de promo faite d’éloges dithyrambiques : pour "les Inrocks", le verdict est sans appel, le film est à chier.

undefined Choix n°1 : Bienvenue chez les Ch’tis.
Comédie de Danny Boon sur laquelle je me garderais de me prononcer dans la mesure où je ne l'ai pas encore vue, mais dont l'accueil public et professionnel rapporté par les medias laisse à penser que le film est, au pire agréable à regarder, au mieux très réussi.
Barème allociné presse : 3 étoiles

Barème allociné public : 4 étoiles
Note des Inrocks : 1 étoile





Ca marche, c’est populaire, tous les cons y vont, c’est de la merde.
Cette devise doit à mon avis être affichée sur tous les murs de la rédaction de ce torche-cul.

undefined Choix  n°2 : There will be blood

Drame américain 8 fois nommé et 2 fois vainqueur aux oscars 2008, dont un trophé pour la prestation de Daniel Day-Lewis, un vague acteur bleu-bite anglosaxon, internationalement reconnu pour son jeu cabot et grossier et son incapacité crasse à laisser transparaître de l'émotion dans ses interprétations... enfin du moins c'est ce qu'en pense "les Inrocks".
Barème allociné presse : 4 étoiles

Barème allociné public : 3 étoiles
Note des Inrocks : 1 étoile



Que faut-il penser d’un courant de réflexion qui ne revendique son existence que dans l’opposition brute et systématique ? Que penser d’un magazine prétendument critique qui n’a pas besoin de voir un film pour le noter, dans la mesure où il suffit de prendre le contre-pied systématique de la populace et de ses confrères jugés populo-démago-raccoleurs … ?

undefined Choix n°3 : Le Labyrinthe de Pan
Véritable bijou de cinéma, chef d’œuvre salué par le public et la presse internationale, pour Guillermo Del Toro touché par la grâce et nous livrant un film d’une beauté plastique, d’une précision scénaristique et d’une mise en scène maîtrisée…
Barème allociné presse : 3 étoiles
Barème allociné public : 3 étoiles
Note des Inrocks : 1 étoile




Je n’ai même pas à forcer pour trouver de l’eau à mon moulin, il me suffit de cogiter 15 secondes pour dégoter un film qui :

a- m’a plut
b- a eu du succès, public et critique
Il ne reste plus qu’à aller sur le site allociné.com qui répertorie les avis publiés dans la presse, plus ceux laissé par les internautes. Si "Les Inrocks" s’est prononcé sur le film auquel j’ai pensé, celui-ci a son étoile unique et le petit commentaire merdeux la justifiant.

Un dernier pour la route…
undefined Choix n°4 : Ne le dis à personne
Film multi-Césarisé, sincère et efficace, proposant une alternative à ce que l’hexagone est capable de produire en général – avec certes des choix de casting que je n’aurais pas fait, mais un résultat tout à fait respectable au final.
Barème allociné presse : 2 étoiles
Barème allociné public : 3 étoiles
Note des Inrocks : 1 étoile





Ce qui est d’ailleurs intéressant, s’il on veut être exhaustif dans le référencement des critiques ès bon goût made in « je-me-la-pète », c’est de constater que "les Inrocks" se tirent la bourre avec 2 autres champions de la diarrhée assassine motivée par la seule opposition au reste du monde, que sont "les cahiers du cinéma", et "Libération"… Ces mêmes à "Libération" qui publient, lors de sa sortie,  un article sur le film de Jean Pierre Jeunet, « Le fabuleux destin d’Amélie Poulain » en le traitant de film Pétainiste…
il faut oser l’écrire.
(ce qui me rappelle du Audiard dans le texte : « Les cons, ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît ! »). Je recommande d'ailleurs la lecture de cet article sur le sujet.
Et quand tu regardes le parcours d’un type comme Jean Marc Lalanne, actuel Rédac Chef des Inrocks dont l’éclat du regard, quand il parle de films, n’est pas sans rappeler un lama sous tranquilisants, ben tu comprends mieux.
La boucle est bouclé ; "les Inrocks", "Les cahiers du cinéma", "Libé" : le triumvirat de l’intellectualisme pompeux, imbu de sa supériorité supposée, élitiste sur de mauvais postulats.

Encore un fois, afin de tiédir ceux qui revendiquent le droit de critiquer un film, l’objet de cet tirade n’est pas de le nier. Quand un film est raté, je suis le premier à le dire, en étayant ma critique d’arguments mélangeant mes goûts personnels, ma petite connaissance théorique des métiers du cinéma, et ma vaste (oui, parfaitement) expérience de spectateur cinéphage glouton. L’impression que j’ai face à un long métrage n’est pas et ne sera jamais dictée par antagonisme à ce que « La France d’en bas » en a ressenti.

"Les Inrocks" ne sait faire que dans la dissension pour satisfaire un lectorat qui en redemande, afin de se satisfaire de l’impression de faire partie d’un dessus de panier, ou d’un gratin, c’est selon.
Une telle condescendance a pour moi l’odeur et le goût du caca, mais ce n’est qu’un avis perso.

Ce que j’aimerais, en revanche, c’est que ces cuistres à grosse tête nostalgiques de la nouvelle vague restent enfermés dans leur magazine intellectuello-masturbatoire, et arrêtent de squatter l’antenne de chaîne de télé pendant des émissions que je regarde, ça m’emmerde.
 

Folzebuth  undefined


*A ceux qui sont arrivé sur ce blog en cherchant sur google « Britney Spears qui jouit »… toutes mes confuses.
Par Folzebuth
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Dimanche 7 septembre 2008
Pour tout dire, je crois que je n'aime pas trop les critiques de cinéma.
De ces emmerdeurs qui te parlent de cinéma comme d'autres parlent de vin, incapables de faire simple ; il leur faut user du qualificatif le plus improbable pour détailler leur analyse : « Le scénario est boursouflé, les acteurs sont dichotomiques et la réalisation buñuelienne », voilà le genre de borborygmes que peuvent déblatérer certains professionnels de la critique fielleuse, plus amoureux de leur propre façon de parler que du contenu dont le cinoche fait l'objet...

Ceci dit, le critique professionnel m'agace souvent, mais lui fait aisément concurrence le citoyen lambda non accrédité au bas des marches cannoises, pour qui résumer 1h30 de jeu, de scénario, de lumières, de costumes et de mise en scène à, se limite à soit :
"‘tain c'tait nul à chier"
ou
"‘tain c'tait un putain de bon film."
Pas d'intermédiaire, pas de juste milieu. Pas de : "J'ai bien aimé, c'est juste dommage que..."

Combien de critiques commencent par : "Personnellement, je n'ai pas trop aimé parce que..."... non. C'est toujours une descente en flammes, une diatribe assassine censée justifier son non intérêt pour le métrage

Mais je m'égare.

Après avoir dégusté, mangé, englouti et digéré une vaste quantité de films tant variés sur la forme que sur le fond, de la mièvre comédie sentimentale au film gore le plus ignoble, de la comédie décérébrée amerloque au drame social bien franchouillard, du peplum des années 50 au film d'anticipation espagnol, du film de monstre coréen au documentaire musical cubain, du muet en noir et blanc à celui en couleur et 3D...

Après avoir lu, années après années, des kilomètres d'articles de critiques dans des magazines aussi variés que Télérama, Pèlerin( non je ne l'achête, et oui, ils ont une rubrique ciné...), Mad Movies, Première, Ciné Live, Studio, n'importe quelle presse quotidienne régionale et le premier magazine people à la con traînant chez le dentiste, à quoi s'ajoutent de multiples sites internet dédiés, tel que filmdeculte.com pour n'en citer qu'un...

Après avoir observé la polémique sur la censure déguisée d'un certain genre cinématographique en France, en ruinant son exploitation en salle par une interdiction aux moins de 18 ans, dont "Martyrs" faillit faire l'objet, et dont de nombreux films par le passé en furent les victimes, comme "Mad Max", "Massacre à la tronçonneuse" ou encore "Cannibal Holocaust", interdit purement et simplement de projection...

Et surtout,
Après avoir lu les avis élogieux de 6 chroniqueurs du principal magazine de ciné de genre en France, au sujet du film franco-canadien de Pascal Laugier, que je retranscris ici exhaustivement, pour la démonstration :

Didier Allouch : 5/6
Des réserves philosophiques sur la dernière partie, mais Laugier est devenu un putain de cinéaste. Les 2 premiers actes sont affolants...
David
Doukhan : 6/6
Au cœur d'un film d'horreur comme on en a rarement vu, une histoire d'amour cruelle et obsédante. INTENSE.
Gilles Esposito : 6/6
Une expérience conceptuelle qui se transforme par miracle en film rageur et incarné.
Fausto Fasulo : 6/6
Pas de mots pour expliquer cette expérience.
Jean-Baptiste Herment : 6/6
Une expérience tellement viscérale et éprouvante qu'elle vous collera à la peau longtemps après le générique de fin.
Rurik Sallé : 5/6
L'esthétique « Saint Ange » (note : précédent film du réal.) mais avec une histoire. Un propos fou, une œuvre d'une puissance énorme.

De mémoire de lecteur de ce magazine référent en matière de « genre » depuis plus de 30 piges, il est rare que des films fassent autant l'unanimité...
Et là tu te dis, bordel, mais où il veut en venir avec son préambule qui n'en finit plus ?
J'y viens saperlotte, ne t'énerve pas, c'est mauvais pour ta tension.

Toujours au sujet de ce même film, j'ai eu un frisson orgasmique à la vision de la critique à trois voix exercée ce jeudi dernier, sur canal+, par des « professionnels » de l'exercice, en les personnes de Jean-Marc Lalanne des Inrocks (foutre Diable que ce type m'insupporte), Xavier Leherpeur de Ciné Live et Florence Ben Sadoun du magazine Elle (!!!)... critique que je me suis bien pris la tête à essayer de récupérer en bidouillant une capture d'écran sur internet, alors déguste stp...

 

 


Et là tu te dis, merde, ils n'ont pas dû voir le même film, ce n'est pas possible... un déluge de négatif, de superlatifs d'écoeurement, de dédain, de colère, de mépris... le film est traîné plus bas que terre par ces 3 "journalistes" qui rivalisent dans l'art de trouver le mot le plus dégradant pour signifier leur désapprobation, et d'affubler de concert une note calamiteuse (2/10) en conclusion de leur orgie de mots noirs.

Alors face à un tel grand écart en matière de jugement porté, je m'interroge...
Le journaliste de magazine spécialisé serait-il complaisant et non-objectif dans sa critique ciné simplement parce que le produit serait en adéquation avec ses goûts et sa ligne éditoriale... ?
Peu probable car d'unanimité dans l'éloge il s'agit, ce qui est tout sauf habituel. Il y en toujours un pour se démarquer en trouvant des défauts là où les autres n'ont vu que des qualités.

Le journaliste de presse « lisse » serait-il incapable de juger à froid les qualités intrinsèques d'un film dont le fond le choque ou le répugne ?
Je le crois sans peine.

De là me viennent les réflexions qui suivent :

  • Un mécanicien de Formule 1 est-il qualifié pour réparer un moteur d'Airbus ? Pourtant il s'agit toujours de mécanique !
  • La gagnante de la Star Academy est-elle en mesure d'assurer un intérim sur Carmen de Bizet à l'opéra ? Il s'agit de chanter non ?
  • Le gars qui remporte un marathon va-t-il nécessairement gagner sur 100 mètres ? Pourtant il n'est question que de courir...
  • Un spécialiste du heavy-metal va-t-il être mandaté pour rapporter une critique d'un concert de Franck Michael ? Non ? Pourtant il n'est question que de musique !
  • Un peintre en bâtiment est-il qualifié pour restaurer le plafond de la chapelle Sixtine ? Non ? Pourtant la peinture c'est son métier !
  • Un critique de ciné qui ne jure que par la nouvelle vââââââgue, Audiart, Chabrol, Malle ou Pialat, les films intimistes palestiniens et les études de mœurs dans les favelas, est-il qualifié pour apprécier un film dont la principale ambition est de choquer, surprendre et remuer un public inconditionnel déjà rompu à l'exercice ?

Ce qui me gonfle gentiment, c'est que la rédaction de Mad Movies ne s'essaie pas à la critique de tout et n'importe quoi, et laisse le soin à ses confrères de faire un papier sur « La graine et le mulet », « Le vent se lève » ou encore « Le goût de la papaye verte » et « Merci pour le chocolat »... Alors au nom de quoi des journaleux qui ne connaissent, par le menu, RIEN du cinéma horrifique passé et contemporain, s'autorisent à déblatérer leur émoi et leur indignation en prétendant appeler ça une critique ciné...
Personnellement, je déteste les films de type drame-social, où l'on me conte la misère bien réelle de personnes désœuvrées, dans une France grise et humide, où tout n'est que pleurs et abattement. C'est un choix. Mais du coup, je ne m'autorise en rien à formuler une critique dessus puisque je ne vais même pas les voir.
Ici, ces ânes vont contre leur nature voir un film qui ne leur est absolument pas destiné, en sortent furieux, et accouchent d'un avis inepte et non à-propos.

Magazine ELLE, non mais sans blague...
Et pour critiquer le prochain film de
Greg McLean, ils vont envoyer qui ? La Rédac'chef de Crochet Magazine, un chroniqueur de CuisineTV, et une journaliste de Jeune & Jolie ?

Au nom de quoi le critique de ciné est-il pluri-compétent et apte à rendre avis sur tout ce que la caméra peut cadrer ?
Il existe des festivals différents selon la nature du cinéma qui y est projeté, ce n'est sans doute pas par hasard ! Le cinéma de genre s'est depuis longtemps retranché sous l'étiquette d'Avoriaz anciennement, et de Gérardmer de nos jours, car ceux qui le font ont très bien compris que les connards suffisants tels que ceux cités ici, qui dictent aux foules ce qu'ils doivent aller voir, ne leurs feraient jamais l'obole d'une révérence. Alors pourquoi, putain de dieu, faut-il que ces médiocres viennent sur un terrain où on ne les a pas invité, pour pousser des cris d'orfraie, et geindre qu'ils ne vont pas au cinéma pour ça (sic) ; on s'en cogne de tes motivations Josiane ! Tu parles d'une critique constructive... (ça se sent que je suis agacé ?).

Pour conclure, je t'invite à te rendre sur le site suivant, qui résume assez bien la considération du cinéma de genre aujourd'hui en France, le mépris dont il fait l'objet, essentiellement à cause de la frilosité des producteurs, et le dédain immodéré que la presse « cahiers-du-cinéma » a à son encontre.
http://www.leclubduvendredi13.com/index.html


Folzebuth

PS : je n'ai pas encore vu « Martyrs », je me garderai donc bien d'en dire quoi que ce soit. En revanche, j'ai découvert il y a peu, l'électrochoc d'Alexandre Bustillo « A l'intérieur », que je recommande chaudement aux fans du genre. Âmes sensibles et femmes enceintes, s'abstenir absolument !

 

Par Folzebuth
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Lundi 26 janvier 2009
En règle générale, pour formuler un avis critique complet sur un film, j'ai besoin de 2 visionnages. Le premier me berce de son histoire, de ses rebondissements, de ses coups d'éclats scénaristiques plus ou moins heureux, de son climax... la deuxième lecture, elle, permet de décortiquer l'ensemble en justesse d'interprétation, cadre, décors, costumes, dialogues, casting, bande originale et j'en passe. Parfois même, quand on touche au génial, le passage en mode 2ème lecture est impossible tant l'esprit est captivé par le chef-d'œuvre, cela se produit en général quand Peter Jackson réalise. Alors on ne décortique pas, on s'imprègne, on communie... mais je m'égare.

Bon, soyons clair et honnête dès le départ ; ici, une seule vision suffira. Et pour cause ; le film dont traite cet article est tellement mauvais que je suis passé en mode « 2ème lecture » direct, sans guère plus m'intéresser au sort des protagonistes.


Synopsis :
Alors que Ray Keene, entraîneur de basket au lycée d'une petite ville, est parti camper en pleine nature avec son fils, il repêche deux hommes dans la rivière : un U.S. Marshall mourant, menotté à un tueur à gages, Frank Carden...
Avant de décéder, le Marshall charge Ray de ramener Carden aux autorités où il doit être jugé. Ray n'a pas le choix. Les hommes de Carden, des mercenaires ultra entraînés, sont à leurs trousses. S'il veut avoir une chance de protéger son fils et de s'en sortir vivant, il doit absolument garder une longueur d'avance...

Source copiée/collée



Or donc ce film est une bouse.
Oui j'ai pour habitude d'être modéré dans mes critiques ciné, sauf quand vraiment on touche le fond de la cuve.
Donc « machin » part à la montagne avec son fils pour s'oxygéner le cerveau et renouer des liens avec ce dernier qui se referme sur lui-même (oui, il sèche les cours de base-ball, c'est dire s'il va mal) depuis la mort de sa mère d'une longue et douloureuse maladie. Parallèlement, Franck l'assassin de carrière se fait serrer par les bleus, puis, plus ou moins délivrer lors d'un transfert par ses comparses supposément surentraînés. Je dis plus ou moins car l'évasion ne se déroule pas comme prévu et notre tueur professionnel se retrouve en 2 temps 3 mouvements sous la garde de notre randonneur de père, dont je rappelle qu'il est prof de base-ball au lycée, qui fait alors un choix tout à fait rationnel qui est le suivant :
Je suis un citoyen lambda en compagnie de mon fils. Par un étrange concours de circonstances je me retrouve à tenir en joue avec un flingue qui n'est pas le mien un type se présentant comme un baroudeur émérite, assassin hors-pair ayant des collègues à ma recherche qui me promet la vie sauve si je passe mon chemin... je fais quoi ?
Réponse : je mets la vie de mon fils en péril en décidant vaille que vaille d'escorter, sans aucune qualification pour cela, ledit criminel dangereux, à travers une montagne hostile que seul mon fils connaît, au nom des valeurs moralistes qui sont les miennes...
Non
Moi, un pitch pareil, j'avale pas.
Le type qui a le flingue, face au tueur, avec son fils à ses côtés, il dit ceci :
« Bon OK, je garde le flingue, partez en courant, je pars à l'opposé, on ne s'est jamais vu. ». Mais bon, je dois admettre que du coup, tu ne tiens pas 90 min là-dessus. Alors du coup en avant pour les invraisemblances.

 

Et que donc je pars en file indienne avec le tueur menotté et mon fiston pour le conduire aux autorités.

Et que j'envoie mon fils demander seul de l'aide car j'ai aperçu une voiture au loin, voiture dont l'occupant est sur le point de se faire zigouiller par les comparses du menotté, fils qui reviendra quatre à quatre après avoir assisté à son premier homicide (oui la journée va être longue) avec sur le visage une expression évoquant la constipation et/ou une mauvaise note à annoncer.

Et que je croise un couple de randonneurs dont il est écrit sur leur front que elle, va succomber au charme du papa veuf, et lui, va servir de ball-trap à la fine équipe de tueurs qui les pistent. Mention spéciale à l'absence totale d'émotion lisible sur la jeune femme quand son partenaire se fait dessouder... on apprendra par la suite qu'en fait, ils n'étaient plus ensemble (ce qui explique très bien qu'ils fassent une randonnée à deux et qu'elle se baigne à poil devant lui), ce qui cautionne sans doute un peu son manque de pleurs face à son ami à la cage thoracique perforée, et du point de vue de sa disponibilité affective vis à vis du rôle principal, la fait un peu moins passer pour une salope.


« Flûte. Il me semble que mon ami, mon ex-conjoint,
vient de ce recevoir une balle de fusil longue portée
en plein poitrail. Tant pis. »

 













Mais ce n'est pas tout.
Et que nos 4 lascars, que l'on nous vend depuis le début du film comme la crème, l'élite, le dessus du panier en matière de mercenariat, non seulement ne brillent d'aucun éclat mais passent très vite pour des baltringues, une équipe de tocards sous-doués qui trouvent le moyen de se faire neutraliser par... le prof de base-ball ! Ben oui...


« Heureusement que j'ai une formation d'éducateur
sportif, sans quoi j'aurai eu de la peine à maîtriser
ces mercenaires surentraînés. »

 













Le film accumule les poncifs et les clichés comme mes gosses entassent les œufs de Pâques dans un panier, de manière frénétique. En vrac, les flics du FBI sont des connards condescendants, les flics locaux sont des ploucs ou essaient vainement de ne pas passer pour, le jeune dérapant le long de la falaise est rattrapé, je vous le donne Émile, par le tueur à sang froid qui doit sans doute avoir une révélation à cet instant précis, le flic de l'escorte qui vit juste assez pour dans un dernier souffle indiquer la nature dangereuse du type auquel il est menotté...
Parmi les tueurs aux trousses, on compte un traître, une brute, un pisteur et un intello qui joue aux échecs sur son PC portable dès que le groupe fait une pose dans les sous-bois (authentique). Tout est prévisible, attendu, et quand ça ne l'est pas, c'est confondant de débilité.
Exemple d'imbécillité scénaristique pour ceux qui ont du mal à les déceler : 2 tueurs décident d'intercepter un hélicoptère qui patrouille, avec l'intention de s'en servir. L'un s'allonge par terre et fait le blessé, l'autre fait de grands signes de bras pour attirer l'attention dudit hélico qui se pose, et dont l'équipage est éliminé prestement.
Réplique du tueur à terre qui mimait le blessé, à son comparse : « Dis-moi que tu sais piloter cet engin ». 
C'est pas génial ça ?
Personnellement, si j'étais acteur et qu'on me fasse jouer une telle scène pour ensuite sortir une telle phrase, je vais voir le réalisateur et lui demande : « heu, Bruce (Beresford), à propos de mon personnage, je constate qu'il s'inquiète du pilotage d'un hélico qu'il détourne après avoir buté tout l'équipage ; alors soit en tant que mercenaire, sa réputation est très largement surfaite et il est beaucoup trop payé, soit il est juste un peu con con comme type... comment je le joue ? »

 

John Cusack, dont la palette d'expression n'a jamais été très étendue, fait une performance digne de lui dans ses plus mauvais rôles, affichant le même visage sur toute la durée du métrage (il a raison, pourquoi s'emmerder).
 

John interprète ici : le doute, la résignation,
l'agacement, la réflexion, le suppositoire glycériné.
Rayez les mentions inutiles












Morgan Freeman, après avoir incarné le flic à de nombreuses reprises, tente ici un contre emploi qui eût pu briller avec une meilleure direction d'acteur et de meilleurs dialogues. Il demeure toutefois un acteur brillant ne pouvant malheureusement sauver cette embarcation du naufrage.

 

Le reste du casting est fade, sub-existant.
Les décors sont filmés sans maestria ce qui est tout de même fort regrettable pour un film misant une partie de son identité sur le côté accidenté et sauvage de l'environnement où les protagonistes évoluent.
Quant à la "base line", « On ne peut se fier à personne », je ne vois carrément pas le rapport.

 

Pour conclure, voici ma note...





...et mon conseil : à voir si ça ne doit pas vous coûter un rond (exclure donc location de DVD et VoD), histoire de bien étalonner votre échelle d'indice de qualité pour les films d'action en sachant qu'ici, on est au premier barreau de l'échelle.





A ceux qui cherchent un bon film d'aventure se déroulant en pleine montagne, je recommande chaudement « Randonnée pour un tueur » (1988), excellent film de Roger Spottiswoode avec Sidney Poitier et Tom Berenger, ou encore « Delivrance » (1972) de John Boorman, beaucoup moins tout publics mais de bien meilleure facture (on n'y croise pas de prof de base-ball maniant le fusil d'assaut comme personne, c'est déjà un atout).



Par Folzebuth
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Épice déçu

Vesse fugace

A tous ceux qui échouent ici suite à une requête Google comprenant les mots  "femme à poil", "Laetitia Boudou/Hallyday nue" ou encore "Grosse femme nue fait caca", le tenancier de ce blog vous informe qu’il est peu probable que vous trouviez une quelconque satisfaction à la lecture des écrits contenus ci-dessous. Vous pouvez donc passer votre chemin avec au cœur mon souhait que vous puissez trouver votre Graal (nu donc) sans trop de peine.
 

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