Destin du gamète

Publié le par Folzebuth

Dans la série, j’apprends et je m’instruis tout en lisant des inepties sur internet alors que je suis au boulot (ou attendu pour mettre le couvert et doucher les gosses), voici aujourd’hui :
Le destin non enviable du spermatozoïde esseulé n’ayant pu accomplir ce pour quoi il est conçu, faute d’avoir participé à un lancement.

Constat n°1 : la production de gamète mâle se fait de manière continue dans le temps et sur la durée complète de l’existence de l’organisme, une fois celui-ci ayant atteint la maturité poilue.

Constat n°2 : ce gamète mâle que nous appellerons spermatozoïde voit le jour au sein d’une bourse molle, plus précisément dans un tubule séminifère d’où elle s’extrait pour aller se stocker dans un centre d’hébergement et d’accueil appelé épididyme, sorte de renflement spacieux positionné sur la partie supérieure du testicule.
Un spermatozoïde met 74 de jours à être paré pour le grand voyage ; maturation, division chromosomique réglementaire (pour éviter les malformations génétiques de type débilité grave, comme le syndrome Paolo Di Canio par exemple), et remise de l’équipement standard sous la forme d’un flagelle modèle compétition, élément moteur indispensable qui lui assurera une vitesse de pointe (mesurée sur circuit) de 3 mm par minute, ce qui correspond proportionnellement à la taille, à une bonne centaine de km/h pour un homme adulte, ce qui force un peu le respect.



La taille du spermatozoïde avoisine les 3 à 5 micromètres pour la tête, ce qui en fait une cellule de dimension modeste comparée à l’ensemble des autres cellules de l’organisme. À titre de comparaison, un globule rouge mesure 7 micromètre, donc légèrement plus gros, ce qu’il fait qu’il se la pète, d’autant qu’il a pour mission la lourde responsabilité de transporter l’oxygène aux différents organes, tâche importante ayant tendance à amplifier un sentiment de supériorité agaçant et une condescendance assez marquée.
Constat n°3 : Si la genèse du spermatozoïde met plus de 70 jours, celui-ci dispose en revanche d’à peine plus de 70 heures d’espérance de vie… et quelle vie !
Poireauter pendant la quasi-totalité de son existence dans un épididyme à 35° (oui, il fait toujours moins chaud dans les bourses), au milieu de 250 millions de congénères – soit plus que la capacité d’accueil du stade de France – à attendre un départ pour une chevauchée fantastique ressemblant plus à un parcours du combattant qu’à une promenade sylvestre.

Constat n°4 : l’expulsion des spermatozoïdes se fait par une opération sympathique appelée éjaculation. Noyé dans un flot tumultueux de divers fluides mélangés, l’expulsion se fait à une vitesse qu’il est convenu d’estimer autour de 40 km/h, soit la vitesse moyenne d’une mobylette de type "Ciao" avec pilote et passager.
Point important : la fréquence avec laquelle ce type d’expulsion joyeuse intervient est un facteur extrêmement variable selon les mœurs d’un organisme à l’autre ; elle peut être quotidienne, hebdomadaire, mensuelle, voire annuelle pour les plus en détresse. Elle peut également intervenir tous les ¼ d’heure pour les plus solitaires frénétiques (ou les plus émotifs).
La destination finale d’un éjaculat peut également être, contrairement à ce que de fervent catholique peuvent imaginer, très variable voire insolite, mais ce n’est pas l’objet du jour…

A ce stade de l’analyse, une question devrait tarauder tout individu de sexe masculin normalement constitué (l’individu, pas le sexe, suivez !) : que devient le spermatozoïde en fin de vie si ce dernier n’a pas eu le loisir de participer à un tir, étant arrivé juste après le dernier, et le suivant se faisant attendre ? (voilà des questions qu’on ne se pose pas assez).



La réponse est effroyable et à l’image du pathétique de l’existence de cette pauvre cellule. Une cellule balourde de près de 10 fois sa taille (30 à 60 microns) surnommée à l’Ouest "le macrophage", littéralement le gros mangeur ou encore "le phagocyte" ou "l’enculé des Carpates", débarque et fait le ménage façon glouton, en ingérant purement et simplement nos joyeux drilles qui décidément se demandent s’ils ne se sont pas fait escroquer au niveau de la répartition du karma.



Pour éviter qu’un tel massacre n’ait sa place en ce sanctuaire qu’est la bourse honnête, il est donc vivement recommandé de procéder à des tirs réguliers, à une fréquence inférieure à la durée de vie du spermatozoïde (je rappelle : 70 heures), car la noble destinée de celui-ci ne saurait être de finir boulotté par un monstre boulimique, mais bien de participer à des lancements majestueux vers des horizons lointains et légèrement rosés.

(toi aussi lecteur masculin, essaie comme moi de convaincre ta femme avec des arguments fallacieux)

Folzebuth

Publié dans Dessin

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la Krapaille 31/05/2007 10:46

J’te raconte pas l’haleine de coyote du macrophage.
 Sa devise c’est : rien à foutre !