Ciné à éviter

Publié le par Folzebuth

L’aut’ soir, on a regardé « Ma super Ex » avec ma chérie…

C’était pas bon.

 

Comme d’hab’ hein, je vous colle le pitch glané sur le web, je ne vais pas m’emmerder la vie à rédiger ça

Matt est charmant, jeune architecte, mais assez maladroit avec les femmes. Jenny est réservée, travaille dans une galerie d'art et mène une vie mystérieuse : elle est en fait G-Girl, la super-héroïne qui fait régner l'ordre dans la ville.

Mais quand Matt décide de rompre, il apprend à ses dépends qu'on ne quitte pas impunément une super-héroïne. La vengeance de G-Girl sera terrible et la vie de Matt va devenir un enfer...

 

Merci Allociné

 

 

Or donc, ce film est raté. Pourquoi me questionnerez-vous, fort à propos ?
Parce que…

 

La plupart des acteurs jouent mal, avec une mention spéciale à Uma Thurman, qui sans être une actrice démentielle, avait habitué à beaucoup mieux. Chaque expression de visage est surjouée ; la joie, la tristesse, la colère, c’set un festival zygomatique à la "The Mask", le vert en moins.

Fichier hébergé par Archive-Host.com

 

 

Puisqu’on parle de couleur, qu’on me vende encore en 2006 du super-héros non masqué qui « à la ville » n’est pas reconnu par ses proches QUE sur la base d’un simple changement vestimentaire, je trouve ça naze. Que Clark Kent trompe son monde parce qu’il chausse des lunettes, je dis ok, ça date de 1938 ! Qu’ici le personnage de Luke Wilson ne reconnaisse pas sa dulcinée dès qu’elle porte une perruque châtain et des lunettes de bibliothécaire… franchement, j’avale pas.

 

Tout est lisible.

On sait, grâce à la combinaison du titre + des allusions grossières dans les interactions entre les personnages, tout ce qui va se passer quasiment jusqu’à la fin du film, et ce dès le premier ¼ d’heure ! Aucune surprise !

 

Thurman transforme la jalousie en hystérie

Wilson transforme la candeur en bêtise

Le side-kick du héros transforme la lubricité masculine en porno-beauferie bien lourdingue (« Si je devais avoir un super pouvoir ? Ce serais de me sucer moi-même »… non mais sans blague).

Le top revient aux motivations du super méchant, qui me font penser que si la grève de scénaristes hollywoodiens a débuté fin 2007, Don Payne – scénariste ici – a dû prendre de l’avance sur ses petits camarades.

De même au sujet de la fureur vengeresses de celle qui est quittée, dont on peine à comprendre l’ire, eut égard au peu de temps qu’à duré l’idylle.

 

Pour le décors, la moitié du temps, on se croirait dans « Friends », avec mention spécial pour la terrasse ou se déroule le moment clef (ahah) du film, où comme dans un mauvais vaudeville, tout le monde débarque au même moment la fleur au fusil et se regarde en chien de faïence avant que ça ne parte à la gifle.

  

Sauve de tout ceci

Quelques répliques croustillantes que je crois assez drôles dans la mesure où ma femme a rit (et crois moi sur parole ami lecteur, c’est quelque chose)

Le cast de Luke Wilson dans le rôle du mec fragile, gauche en drague, délicat et en perpétuelle remise en question sur sa virilité ; on peut dire qu’il a la gueule de l’emploi (contrairement, je ne le répèterai jamais assez, à une Catherine Zeta Jones qui n’a rien, mais alors rien du profil de l’hôtesse de l’air malheureuse en amour).

 

 ***

 

Autre film dont je souhaite t’entretenir ami lecteur, Ladyhawke.

 

Jolie histoire d’un amour rendu impossible par la jalousie du bad guy de l’histoire, Ladyhawke raconte ceci…

 

Ensorcelés par le cruel et jaloux évêque d'Avila, les amants Etienne de Navarre et Isabeau d'Anjou se tranforment alternativement en loup et en faucon. Avec le secours de Philippe Gaston, jeune voleur qu'ils prennent comme messager, et du vieux moine Imperius, ils se lancent dans une quête pour combattre le diabolique homme d'église et retrouver leur forme originelle.

 

Je fais faire bref.

Le film est réalisé par Richard Donner, ce type n’est pas un manchot. Il sait faire des films. Sa réalisation est intelligente, l’interprétation des acteurs est juste car le casting est bon et qu’il sont bien dirigés.

Effets spéciaux, décors, chorégraphie de scènes d’action, costumes, rien à redire.

En revanche, rarement une bande originale aura été aussi peu appropriée. C’est bien simple, j’ai été bouté hors du film quasiment à chaque fois que la musique démarrait. Le film est une épopée médiévale de bonne facture, et on nous sert une boue immonde de synthétiseur comme seule les années 80 savait en produire. J’avais vu un sketch il y a quelques années, sur les musiques de films ; l’humoriste soutenait que la musique jouait pour beaucoup dans le ressenti du spectateur lors de scènes épiques, tendres ou horribles (ce en quoi il a parfaitement raison) , et démontrait cette théorie de façon comique en couplant un récit lambda avec une musique inappropriée, comme par exemple un moment de tension horrifique soutenu par l’accordéon d’Yvette Horner. C’est exactement l’effet que ça m’a fait.

Voir des hommes en costumes se battre à l’épée en renversant des tables avec comme trame musicale Charlie Oleg et son Bontempi, je le dis avec beaucoup de réserve et de nuance, c’est à chier par la bouche. D’autant que merde, ok le film date de 84 et l’on serait tenté de se dire ; « Bon, d’accord, c’est l’époque qui voulait ça, il fallait caser soit du clavier électro, soit un solo de saxophone » (ah les années 80 et leur saxo pleureur…  pouah !), mais corne du diable, 2 ans plus tôt sortait Conan le Barbare, qui en matière de musique se pose juste un peu là !


 



 

Publié dans Cinéma & critiques

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Nicolas 05/10/2009 19:24


Je réécris mon commentaire (j'ai cliqué sur "Fermer" au lieu de 'Publier ce commentaire").
Donc je disais que je te conseille de voir "Inglorious basterds". Certains puristes de Tarantino ont moins apprécié. Tant pis pour eux. C'est déjanté, sadique et franchement marrant.


Folzebuth 06/10/2009 19:54



Je me méfie comme de la peste des puristes dans quelque registre que ce soit (ciné, musique,
littérature), ils ont tendance à maudire l'évolution naturelle des artistes sur un air de "c'était mieux avant" qui est agaçante.
La bande annonce d'Inglorious Basterds m'avait mis l'eau à la bouche, tu viens juste d'amplifier  cette envie.

NB : Isabelle Huppert a lisiblement fait la gueule quand son jury a récompensé à Cannes un acteur de ce film, c'est pour moi un gage de qualité
dudit film.