La journée de...

Publié le par Folzebuth

    On aime bien « Les journées de… » en France, du moins j’ai l’impression.
Je ne sais pas à quoi ça tiens au juste. Parce que bon, en cherchant, je suis sûr qu’on doit arriver à trouver des origines pour chacune de ces journées dédiées… mais pourquoi a-t-on ce besoin compulsif de célébrer, de manière fade et mollassonne qui plus est, 1 fois dans l’année, soit une abstinence, soit un sexe, un art, ou encore un comportement… ?
Toi qui me lit, connecté que tu es sur la toile, saisis « La journée de » dans un moteur de recherche internet, le résultat est amusant.
20 mars – journée de la Francophonie
8 mars – journée de la Femme
22 mars – journée mondiale de l’eau
Notez d’ores et déjà que le mois de mars est manifestement propice aux « journées de… » (et je ne triche pas, je cite les journées dans l’ordre où elles me sont apparues sur google). Je continue :
16 novembre - Journée internationale pour la tolérance
26 avril – journée nationale du fromage
23 avril – journée mondial du livre et du droit d’auteur
Journée mondiale de l’environnement, de l’alimentation, de la courtoisie au volant, journée sans tabac, sans viande (20 mars, comme la Francophonie… !!!), journée sans achat, journée sans ma voiture, journée sans téléphone mobile… Je ne vais pas toutes les citer, ce serait longuet et vous croiriez que j’en invente.
Il y a 365 journées dans une année, c’est à se demander s’il y en a assez pour toutes les célébrations nationales, internationales, mondiales ou interplanétaires que nous aimerions placer.
Et pour quelle finalité ? c’est ce qui m’intrigue le plus…
En 13 ans de tabagisme (fumeuses années derrière moi désormais), je n’ai jamais vu un fumeur de mon entourage délaisser la cigarette 24 heures durant, sous prétexte que c’est la journée sans.
Et la journée du civisme en bagnole, à quoi ça sert, si ce n’est à nous rappeler que 100% des citoyens « normaux » deviennent des gros cons une fois au volant. On n’avait pas besoin d’une journée pour le savoir, c’est notoire.
Ce qui m’échappe, c’est que ça sonne comme « ni fait ni à faire » cette affaire là. On y pense 1 jour, car ils en parlent à la radio, à la télé ; c’est pour mieux oublier demain.
On fait, ou on ne fait pas. On milite, on agit ou on s’intéresse à autre chose… mais dédier une journée, je ne comprends pas.

Et les femmes… la journée de la femme.
Là encore, je ne pige pas. Je trouve déjà désolant de considérer que la cause des femmes pèse dans le calendrier des causes le même poids qu’une abstinence de nicotine ou la glorification du camembert. En ce qui me concerne, c’est toute l’année la journée de ma femme, je n’ai pas besoin qu’on vienne m’expliquer comment il faut que je pense à elle (à ce sujet, la St Valentin me gonfle pas mal), et c’est largement réciproque d’ailleurs.
Alors vous allez me dire : « Mais Folzebuth, ça ne concerne pas ta femme spécifiquement, bougre de con, mais les femmes, celles qui sont battues, opprimées, violées, voilées contre leur gré. »  Ben ça doit lui faire une belle jambe, la journée de la femme, au gros con qui cogne la sienne de femme.
Et ça résume assez bien le fond de ma pensée ; ce type de « journée de… » n’interpelle que ceux qui sont déjà sensibilisé à… Ceux qui méprisent l’objet de ladite journée avant qu’elle n’ait lieu, ben ce sera pareil pendant et après. C’est de l’hypocrisie (d’hypo- signifiant en grec « sous », et -crisie vient de Cris : peuple amérindien établi principalement dans la région administrative du Nord Québec. Il est d’ailleurs fréquent d’entendre : « Monsieur le ministre, avec de tels propos, vous êtes un peu démago et sous l’indien du Québec ! »).



Ne comprenant pas la finalité de toutes ces journées célébrées, je n’ai toutefois pas souhaité demeurer en reste…
Ainsi ai-je désormais décidé de célébrer la journée de mon cul. C’est une journée pendant laquelle sera célébré dignement ce sphincter musculaire qui en chie toute l’année, sans se plaindre en aucune manière, et qui en voit passer de toutes les couleurs avec une abnégation qui force le respect.
Ce jour là sera donc un jour de repos où celui-ci ne sera pas sollicité, inaugurant par là même « la journée sans caca » (sauf épisode de gastro-entérite foudroyante auquel cas la journée serait reportée d’une semaine, avec l’aval du comité scato-central que je représente).
Des attentions particulières pourront lui être adressées, telles que l’application de talc grenat (pour le côté festif) ou d’une pommade apaisant les épisodes hémorroïdaires aigus. Et d’une manière générale, invitation sera lancé à mes contemporains de marquer cette date comme un évènement majeur du calendrier, tant la considération de ce muscle annulaire, le mien comme le leur, ne saurait être mise à l’index !

Folzebuth

Publié dans Interrogation

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La Krapaille 02/06/2006 15:54

à méditer aussi, "l'année de...".
Il serait assez interessant d'évaluer les effets réels sur les objectifs attendus de l'année de l'enfance (tous les 2 ou 3 ans en général), celle de la Chine ou du Handicap.
Notons d'ores et déjà qu'on aurait pu, pour certains bénéficiaires de ces intentions généreuses ou commerciales, plier ça en une fois avec une année de l'enfant chinois handicapé.