Dimanche 1 février 2009

Bon, un premier point tout à fait positif pour le film, les Inrocks lui mettent seulement 1 étoile sur 4 selon le barème allociné en vigueur, preuve s’il en est, je ne le répèterai jamais assez, que le film est intéressant, qu’il a de nombreuses qualités et qu’il vaut plus que la moyenne.

 

Je ne vais pas décortiquer le film car, contrairement au film précédemment analysé ici, j’ai été absorbé par l’histoire (en dépit d’un fauteuil de ciné inconfortable au possible), ce qui m’imposera une deuxième lecture pour me faire une opinion plus pointue sur la méthode, ce que je ferai avec plaisir car revoir ce film sera un plaisir vu qu’il est bon ; pas génial au sens étymologique du terme, pas sans faute, mais bon, tout à fait correct et remplissant à la fois sa mission de divertissement avec ce qu’il faut de diffusion d’éléments historiques (ben oui, vous connaissiez l’histoire du Comte Claus Schenk von Stauffenberg avant vous ?), de rebondissements, en prenant sans compromis le parti de la narration romanesque et non documentaire.


 

 

L’ouverture en Tunisie nous propose un Tom Cruise bien dans son rôle, qui ne nous fait pas du Ethan Hunt ce qui aurait été une calamité, ce qui n’est pas non plus une surprise ; on ne fait pas une carrière telle que la sienne avec seulement une belle gueule, et être encore internationalement en tête d’affiche à 47 piges témoigne d’un réel talent pour le jeu, sous réserve d’être correctement dirigé (n’est-ce pas John Woo !)

Parlez-en à Matt Dillon, Patrick Swayze, Rob Lowe, Ralph Macchio, Emilio Estevez avec qui il joua il y a 25 ans dans The Outsiders (j’entends d’ici des contradicteurs glapir que la carrière de Matt Dillon n’a pas à rougir, je réponds certes, mais il ne fait plus venir dans les salles sur son seul nom).

La Tunisie disais-je… l’assaut mené par les alliés, vu du point de vue Allemand, est très bien mené. Avec du gros son en salle, on mangeait presque le sable avec eux… une réussite.

La suite déroule le rétablissement du personnage principal, son investissement dans la conspiration s’ourdissant, dont j’ai découvert qu’elle n’était pas le fait de clampins isolés, mais bien conduite par de nombreux responsables militaires, ce qu’on ne nous relate pas assez en cours d’histoire au collège, je trouve. Que les nazis soient l’une des pires lies du XXème siècle et que l’Allemagne de 30 ait enfanté d’un des personnages les plus monstrueux de l’humanité doit être dit ; qu’il y a eu 15 tentatives de divers citoyens allemands pour trucider cet enculé devrait l’être aussi.

 

Une étrangeté et un petit reproche

L’étrangeté est de retrouver autant d’acteur d’origine anglo-saxonne crédité au générique de ce film qui, dois-je le rappeler, se déroule en Allemagne et ne concerne exclusivement que des militaires du IIIème Reich. Pourquoi ce choix ? Les citoyens du « vieux continent » auraient-ils quelques traits de morphotype communs dont les ressortissant outre-atlantique ne ferait pas l’objet ? Dans ce cas pourquoi avoir choisit le petit américain Tom pour le rôle principal ?

Je n’invente rien, regardez :

 

Bill Nighty, Kenneth Branagh, Tom Wilkinson, Terence Stamp, Tom Hollander, Bernard Hill…

J’ai même faillit hurler en constatant que Heinrich Himmler & Hermann Göring étaient joué par des allemands d’origine, sur un air de « Ah bravo, pour jouer des conjurés martyrs, on choisit des anglais, pour jouer les odieux et irrécupérables « lieutenants » du Führer, on prend des allemands de souche… écœurant ». Bon en fait ce raisonnement était un peu rapide et faux (tautologie) puisque Adolf himself est joué (très justement) par un acteur américain, David Bamber, et Joseph Goebbels est joué par Harvey Friedman originaire de Pennsylvanie. Donc bon…

 

J’aime en revanche la peur distillée tout le long du film, la peur qu’ont ces hommes de trahir leur serment, la peur qu’ils ont des représailles s’ils échouent, et surtout la peur du haut commandement, de ces monstres des hautes sphères que sont Himmler, Göring et bien sûr Hitler, que l’ont voit passer dans les couloirs, sur les tarmacs, sans que personne n’ose lui adresser la parole. Bryan Singer n’est pas un manchot ; il a réussit par le passé à distiller ce même type de peur avec un certain Keyser Söze, sans en faire des tonnes dessus.

 

J’ai parlé plus haut d’un léger reproche ; qu’il y ait autant de visages familier dans le casting (entre autres les museaux anglais cités). Cruise en tête d’affiche, on avait eu le temps de se faire à l’idée, on attaque le film avec ça sous le coude et on s’y habitue. Par contre, de faire apparaître sur toute la durée du métrage des seconds rôles relativement connus amène le spectateur que je suis à sortir momentanément du film en se disant : « Tiens, il joue lui aussi ? » ou encore « Dans quoi je l’ai vu ce type ? ». C’est un peu dommage.

 

Je souligne en revanche la prestation de cet acteur (ci-contre)dont je n’ai pas réussit à récupérer le nom à cet instant, d’une rare justesse je trouve dans son rôle malgré une version française qui le dessert (pléonasme).

 




 

Enfin et pour conclure cette critique assez décousue j’en conviens, la réalité historique des faits semble respectée si j’en crois la chronique historique de Patrice Gelinet sur France Inter, entendue ce mercredi même à 13h30. J’ai, en regardant le film 8h après l’émission, ai pu constater à quel point la chronologie et les événement est respectée, ce qui est appréciable, d’autant que les américains sont en général maîtres dans l’art e travestir la réalité pour rendre le produit conforme aux attentes de leur audience (voir la polémique sur le film U-571 lors de sa sortie).

 


 

Voici ma note

 

Et mon conseil : allez-y sans crainte, c’est du bon cinéma. Le film a des qualités indiscutables et vaut largement le prix de sa place au ciné.

 

 

 

 

Par Folzebuth - Publié dans : Cinéma & critiques
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