Quand ça finit en -isme...

Publié le par Folzebuth

Pourquoi, en quelques mots, le féminisme n'a jamais été ma tasse de thé.

 

J'avais d'une certaine manière déjà un peu abordé le sujet précédemment dans un article, et j'avais un sentiment d'inabouti dans la démarche qu'il me fallait absolument finaliser, chose que je m'apprête à faire.

En un mot tout d'abord : superfétatoire

 

En une phrase : pourquoi créer un mouvement visant à exiger ce que la loi d'une part, et le bon sens d'autre part, réclament déjà ?
(Aparté : cet article a vu sa rédaction débuter il y a quelques semaines, bien avant que Mme DATI n'emploie elle-même l'expression « du bon sens » pour justifier l'incarcération de mineurs de 12 ans ; j'ai donc eu une certaine réticente à garder l'expression lors de ma relecture, puis me suis ravisé en me disant que merde, si chaque tordu en politique crucifie régulièrement l'usage d'un mot de vocabulaire, tel Le Pen avec « détail », on va finir par se parler en langage SMS, et ça, plutôt crever).

 

En un texte
J'ai bien écouté, au fil des années, les propos tenus par les principales représentantes médiatiques de ce mouvement, en les personnes de Clémentine Autain, ou encore Isabelle Alonso, avec l'oreille aiguisée de celui qui cherche à comprendre tout en affûtant sa contre-argumentation. Si l'on devait résumer le cœur du militantisme féministe actuel, la quintessence de la problématique à peine sortie de la bouche de leurs éminentes représentantes tient en 4 points, citées ici dans le désordre :

Non au viol
Non à la répartition inégale des tâches ménagères
Non aux écarts de salaires à poste identique
Non aux violences conjugales

Devenir féministe suite à un viol est pour moi une étrangeté, car, si l'on s'en réfère à la définition première du féminisme qui initialement « vise l'amélioration du statut des femmes dans les sociétés où la tradition établit des inégalités fondées sur le sexe » ; je ne vois pas ce qu'un crime odieux tel que le viol vient faire là-dedans. Pire ; se rapprocher d'un mouvement dont la principale caractéristique est de scinder l'humanité en 2 en mettant la femme d'un côté et l'homme de l'autre, dont les principaux leaders sont des femmes qui défendent les droit des femmes, s'en rapprocher suite à un crime tel que le viol revient à classer l'ensemble de ceux qui n'ont pas le profil de la cause en violeurs présumés, patentés ou potentiels.
Formulé plus simplement ; la femme outragée et meurtrie par un homme se réfugie chez celles qui sont en colère et réclament des droits face aux hommes. Il n'y a rien qui vous choque dans l'énoncé ?
Comprenons-nous bien ; ma compassion à l'égard des victimes de ce type d'ignominie est au moins aussi forte que ma haine à l'égard de ceux qui la commettent, foi de mari et de père d'une petite fille... je dis juste que le féminisme n'a rien à voir la dedans, contrairement au code pénal.
Dans le cas contraire, les types violés en prison ne pourraient-ils pas aussi d'adhérer à la cause féministe de plein droit ?

Il en va pratiquement de même pour les femmes battues. Il existe des sites internet pour demander de l'aide, comme ici, des lignes d'appels direct tel que le 3919, la police, les tribunaux...
La protection d'une femme cognée par son connard de conjoint ne relève en rien du féminisme, c'est l'affaire de tous ! Ca concerne les proches qui n'ont rien vu ou n'ont rien voulu voir, les amis, le voisinage, la famille et l'appareil judiciaire ! Le féminisme propose quoi ? Un rempart ? Un abris de la femme battue contre LES hommes ? Il ne s'agit aucunement DES hommes, mais d'UN sous-homme.

Au sujet des écarts de salaires...
Ben je serais tenté de dire qu'il existe déjà la HALDE, qui a pour accroche la phrase suivante :
« Une discrimination est une inégalité de traitement fondée sur un critère prohibé par la loi, comme l'origine, le sexe, le handicap etc., dans un domaine visé par la loi, comme l'emploi, le logement, l'éducation, etc. » donc en plein dans le sujet.
Il y a également le code du travail, qui dit très clairement « à travail égal, salaire égal », et l'inspection du travail dont le site affiche la synthèse suivante :
« Tout employeur est tenu d'assurer, pour un même travail ou un travail de valeur égale, l'égalité de rémunération entre les femmes et les hommes : ce principe interdit toute discrimination de salaire fondée sur le sexe. Tous les employeurs et tous les salariés sont concernés, qu'ils relèvent ou non du Code du travail. Les salariés du secteur public sont donc également visés. »
Il y a le conseil des prud'hommes également appelé à rétablir les droits d'une employée si celle-ci s'avérait sous-payée.
A part crier aux 4 vents son indignation au risque de parasiter le message de structures déjà en place, que vient faire le féminisme dans cet ensemble ?

Enfin, la question de la répartition des tâches domestiques ; là encore, qu'est-ce que le féminisme a à voir là dedans ? Est-ce que le fait de voir Alonso piailler dans le poste son souhait de voir les hommes derrière les planches à repasser va pousser de force le bœuf sur canapé qui considère que c'est à sa femme de le faire ? Je vais être dur, mais si une femme est assez tarte pour rester avec une loche, tant pis.
Quand je me suis installé en couple (15 ans déjà... putain...), j'ai assez vite compris qu'il allait falloir remiser mes habitudes de célibataire, et ne pas considérer ma colloc de lit comme un substitut de bonniche, faute de quoi j'allais rapidement embrasser le célibat derechef. Aujourd'hui, il n'est pas une tâche ménagère qui me soit étrangère (à l'exception de la programmation de cette saloperie de machine à laver ; franchement, ils ont besoin de mettre autant de bouton ?) et je n'ai pas eu besoin d'une féministe sur le dos pour ça !
Une fois encore, une femme n'a pas besoin de porte-paroles braillards brassant de l'air pour se sortir du terrier où gît son beauf de mari, elle a besoin de bon sens et du conseil de ses proches qui doivent lui dire « Casse-toi et laisse cette feignasse dans sa merde ! ».
Je peux te dire, et tu auras sans doute saisis que tout le fond de l'article repose là-dessus, que quand je vois, ceinturé dans mon tablier de cuisine avec les mains dans la vaisselle après avoir douché les gosses et mis une quiche au four, une féministe glapir à la télé que les hommes ne participent pas assez aux tâches ménagères, j'ai un peu envie d'exploser le poste.

Mise en situation : arrivée au domicile d'un couple (lui A, elle B), où dans l'évier de la cuisine s'amoncelle de la vaisselle. Ajoute une féministe (C) dans l'équation, qui observe le couple et sa vaisselle. Deux échanges peuvent voir le jour selon ce qui va être dit en premier, et surtout selon qui le dit.

1er échange possible
B : « Chéri, il y a C qui vient nous rendre visite, tu peux t'occuper de la vaisselle ? »
C : « T'as raison, qu'il bosse un peu, il n'y a pas de raison que ce soit toujours les mêmes !!! »

2ème échange possible
A : « Chérie, il y a C qui vient nous rendre visite, tu peux t'occuper de la vaisselle ? »
C : « Comment ça chérie fais la vaisselle ! Non mais je rêve !!! On est en quelle époque ?! Ecoute moi bien machin, tu vas gentiment faire la vaisselle et nous on va faire un tour. »


Pour conclure et comme je le dis souvent sur ce sujet ; le féminisme a été essentiel lors des années passées ; des droits essentiels ont été donnés aux femmes, les mêmes qu'aux hommes en fait, et on lui doit ça. De là à dire qu'en 2008 son utilité est encore criante, je m'interroge. Ce dont en revanche je suis sûr, c'est que le féminisme entretient gentiment certains clichés, poncifs et autres idées reçues à propos de la supposée aptitude de l'homme à ne rien faire à domicile, et entretien une sorte de clivage femme/homme avec d'un côté les victimes et de l'autres les enculés, ce qui est pénible quand tu sais que la génétique au départ ne te laisse pas le choix du camp.


Article antérieur se rapprochant sensiblement de cette thématique, voir ici

 

And now, ladies and gentlemen, introducing my new avatar qui fera office de signature

Il est beau !


PS : commentaires ouverts à la contradiction tant que celle-ci est courtoise et argumentée.


Publié dans Agacement léger

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Xdc-S@nCh 28/01/2009 20:47

Je veux le même avatar !!!

Folzebuth 31/01/2009 11:15



Comment on dit ?  



no 12/01/2009 18:24

ton point de vue est bien argumenté j'ai découvert un bouquin pas mal à ce sujet c'est la vie privée d'adam et eve de Marc Twain bon c'est daté mais c'est bien vu je te le conseille pour augmenter ta PQlture en plus c'est très court!!(cela dit j'aime aussi la chanson miss maggie;-)

Folzebuth 13/01/2009 08:44



Merci du conseil. Je te dirai ce que j'ai pensé du bouquin.



Stabbquadd 12/01/2009 17:02

"Ton nouvel avatar est une grosse bouze sans nom" est-ce suffisament argumenté ?Mais alors, le féminisme ne serait-il plus désormais qu'une prolongation des (trop rares) réunions tupperware ?J'ai fais un effort pour pas m'éterniser cette fois-ci. Bonne journée.

Folzebuth 12/01/2009 17:47



Bouse, et non bouze - tu vois ce qui arrive quand tu écris sous le coup de l'émotion ?
 :o)


Bonne soirée.