La politique expliquée à ma fille

Publié le par Folzebuth

Et toi, de quel côté es-tu ?

(…)

Tu ne sais pas ?

C’est pourtant simple : dans la vie, il y a 2 orientations politiques.

Si tu as par le passé évoqué la possibilité de porter assistance à quelqu’un de plus démuni que toi, tu es considéré par ton entourage comme quelqu’un de gauche. Si en revanche, tu as déclaré au cours d’une conversation que l’objectif d’une entreprise est de faire du profit, de l’argent, alors on te regarde comme quelqu’un de droite. Tu dois choisir un bord, c’est obligatoire. Si tu ne le fais pas, on le fait pour toi.

L’extrême gauche par contre n’est pas vraiment une attitude de gauche exacerbée, mais plus une pensée fondamentalement anti-droite.

Là ou ça se complique encore, c’est pour l’extrême droite, qui n’est ni une attitude de droite prononcée, ni une pensée radicalement anti-gauche, mais un mouvement rassemblant un assortiment d’individus soit simplement racistes, soit nostalgiques du IIIème Reich même sans l’avoir connu, soit complètement débiles, soit le tout à la fois. A ce sujet, Di Canio est une merde.

 

Voilà dans les grandes lignes…

Si on rentre un peu plus en avant dans le détail, on peut décliner ces orientations en 2 états reflétant leur poids gouvernemental : la majorité et l’opposition.

 

Objectif principal de la majorité, le rester.

Moyens : prendre les décisions impopulaires pendant les congés scolaires, moment de l’année où le peuple (syndiqués ou non) est le moins enclin à descendre dans la rue, revenir sur une décision dès qu’un corps de métier manifeste sa désapprobation, et offrir à la vindicte populaire quelques têtes du parti en offrandes lorsqu’un dérapage a eu lieu, ceci pour mieux assurer la survie dudit parti.

 

Objectif de l’opposition : devenir majorité.

Moyens : critiquer de façon absolue, virulente et irréfléchie toute idée ou décision venant d’en face.

 

A ce titre, comment déterminer si une idée est de gauche ou de droite, c’est assez simple ; cela dépend de qui la formule. Si c’est quelqu’un de gauche, alors c’est une idée de gauche, et si tu es de droite, tu es donc contre cette idée. Tu vois c’est assez simple puisqu’il est inutile de comprendre l’idée en elle-même, le tout est de savoir si tu es du même bord politique que celui qui a émis l’idée.

Cas particulier : si tu souhaites accéder à une fonction suprême alors que ton parti ne pense pas à toi, il est nécessaire pour faire scission de critiquer les idées politiques de ton propre bord, afin de te faire remarquer de l’électeur. C’est une gymnastique compliquée car tu critiques déjà les idées d’en face ; en déclarant mauvaises les solutions proposées par ton camp, te voilà contraint d’en proposer de nouvelles. Une méthode, noyer le poisson en alternant dans ton discours du poncif, appeler son interlocuteur de journaliste par son nom, puis rediriger l’entretien sur un air de « c’est la faute à… » en évoquant les années passées.

Démonstration :

« Les solutions, elles existent Monsieur Poivre ! Simplement aujourd’hui la France paye pour des années de passivité d’un gouvernement incapable de résorber le chômage ».

Oui, le politique et le journaliste aiment bien « résorber » - dans cet exemple, le chômage, mais cela fonctionne également avec le « trou d’la sécu » ou la violence dans les banlieues.

 

Voilà pour les partis « standard », dont les noms changent d’un pays à l’autre, mais pour lesquels les principes évoqués précédemment s’appliquent à la lettre, que nous parlions de démocrates, républicains, conservateurs, travaillistes, socialistes…etc…

Penchons-nous maintenant un instant sur les extrêmes et sourions…

 

Objet d’un parti d’extrême gauche : proposer des idées farfelues, révolutionnaires et totalement inapplicables à une quelconque réalité sociale. Depuis quelques années, la mentalité d’extrême gauche se fait de plus en plus activiste en rassemblant un joyeux imbroglio de divers courants de pensées tels que l’altermondialisme, le plébiscite du mariage homosexuel, le fauchage impulsif et illégal de plantations de graminées, le « stop » à la construction européenne, la destruction de Fast-food, bref un gigantesque fourre-tout ou les bonnes idées côtoient les opinions infondées et crétines, le tout mis sur le devant de la scène  par des moustachus quinquagénaires aux méthodes lamentables comme exemple pour la jeune génération.

 

Objet d’un parti d’extrême droite : proposer des idées de merde pour « tondus bras tendu ». Di Canio est une grosse merde.

 

Referendum : le referendum est un acte politique consistant à demander son avis à la population sur un sujet dont il ne maîtrise ni les tenants, ni les aboutissants, puisque ce n’est pas son métier… en effet, le peuple, il est dans l’ensemble beaucoup plus commerçant rue Malboeuf,  fonctionnaire à la poste, cadre chez William Saurin ou modeste employé de CarGlass-répare-CarGlass-remplace ! qu’énarque ou polytechnicien. Peu importe, on lui demande s’il valide la constitution européenne (à hurler de rire quand on y repense) ou si il est d’accord avec le traité de Maastricht (il ne sait ni de quoi ça cause, ni même où se trouve le bled en question mais bon…). En guise de contre exemple, une question simple comme l’abolition de la peine de mort, ou une réforme du système carcéral avec adoption massive du bracelet électronique pour désengorger les prisons, ou « Pour ou contre le mariage homosexuel » ne feront jamais l’objet d’un référendum car la question risquerait d’être comprise par une trop grande majorité de personnes.

 

Assemblée nationale : salle polyvalente en forme d’hémicycle où les élus députés du peuple peuvent soit, briller par leur absence, dormir, se raconter des blagues, tambouriner sur leur pupitre ou brailler quand celui qui parle dans le micro n’est pas de leur bord politique (voir plus haut les relations majorité/opposition). Dans en clair se comporter comme un mouflet mal éduqué, sous l’arbitrage d’un de leur pair muni d’un petit marteau et d’un micro également, prenant son rôle très au sérieux. Peu de solennité, ambiance cour d’école, le tout sous l’œil inerte des caméras de France Télévision, pour que les gosses qui n’ont pas classe le mercredi en profitent.

 

Président de la république : ancien homme politique ayant accédé à ce qui est communément appelé la « fonction suprême », à savoir être le mari de la première dame de France… j’aime beaucoup cette expression, 1ère dame, d’ailleurs en parlant de numérotation, si quelqu’un pouvait me trouver le n° de ma femme, car à défaut d’être première, j’aimerais bien connaître sa position dans le classement national.

Accomplissement total d’une destinée politique, le président fraichement élu peut alors se prélasser sur des lauriers durement gagnés, constituer un gouvernement, dissoudre une ou deux assemblées, vendre quelques avions ou trains à l’étranger et œuvrer vers la fin de son mandat à sa propre réélection ce qui ne devrai pas être compliqué tant l’électorat français préfère en règle générale le « sortant » à l’outsider, ce n’est pas M. Chaban Delmas ni M. Gaston Defferre qui me contrediront.

 

 

Une vrai bonne idée politique n’est généralement pas issue d’un véritable homme politique au sens « énarque » ou polytechnicien du terme, mais plus d’un homme de terrain, comme un fils d’immigré italien devenu artiste de music-hall, un prêtre ex-moine capucin s’étant fait remarquer lors d’un hiver de milieu de siècle particulièrement rigoureux pour les indigents et les frileux, ou encore d’un assermenté d’Hippocrate se mêlant de la misère médicale de pays dépourvus de porte-voix pour attirer l’attention.

 

 

Folzebuth

 

PS (post scriptum et non parti socialiste, banane) : Di Canio est une énorme merde.

 

Publié dans Constat dépité

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G 03/07/2006 12:21

Bravo pour l'analyse (..et j'ai presque envie de dire "hélas !"). Tu rejoins l'immense majorité des français qui ont perdu leurs illusions sur la politique en France (et ailleurs !!).En grand optimiste que je suis, je préfère en rester sur une note plus gaie (rien à voir avec la gay-pride !) : on continue de voter !Et si on persiste, c'est sans doute parce qu'on a encore envie d'y croire ?A moins que, lassé, ou déçu (ou simplement par bétise et ignorance), on aille gonfler les rangs des extrèmes de tous bords !Vive la démocratie ! Morts aux "hommes" politiques !!Le G (oui, je sais, tu m'as reconnu....)

San Defez 28/04/2006 20:09

Je suis d'accord avec 95% du texte écrit ci dessus, néanmoins mon avis diverge lorsque tu dis "l’électorat français préfère en règle générale le « sortant » à l’outsider"... La je dis non !!! La réélection de Mitterand en 88, on sortait d'un gouvernement de droite, la réélection de Chirac en 2002, on sortait d'un gouvernement de gauche... Les français n'étants jamais content ni satisfait de la politique menée par les dirigeants qu'ils ont élu, ils vont toujours choisir les suivants dans l'autre hémicycle !!!
Voilà, c'est mon avis... Concernant Di Canio, je poserais volontier un popo sur son bras tendu!!!

Roger 28/04/2006 01:31

Ajoutons que la vie politique est rythmé par la vie médiatique qui s'empresse de créer des clivages là où l'unanimité pourrait se faire, de traiter l'information par dessus la jambe au lieu de faire un vrai travail de journaliste... mais c'est vrai que Di Canio est un trou du cul.

marilalouse 21/04/2006 17:38

A mort louis croix vé baton! A mort louis croix vé baton!!