Entrecôte

Publié le par Folzebuth

Il y a certains jours où, en lieu et place d’un fumet délicieux venant de flatter tes narines, c’est la moutarde qui te monte au nez.

En matière de restauration d’une manière générale, quand tu souhaites faire bombance dans un établissement faisant commerce de ce type de service, tu as le choix entre pointer le bout du nez précédemment cité sans avoir pris le soin au préalable de t’annoncer téléphoniquement, ou à l’inverse, tenter ta chance sur une arrivée spontanée et enthousiaste, sans aucune garantie qu’une table ne soit disponible dans l’heure à ton égard.

La méthode communément appelée « réservation » est assez rustaude et cocasse, je vous en décrit l’usage : cela consiste à prendre son téléphone, composer le n° du restaurant de son choix, attendre que l’on décroche à l’autre bout du fil, et demander poliment si « une table à telle heure, c’est possible ? », sans omettre de préciser le nombre de convives, et éventuellement si fumeur ou non. C’est très simple je vous l’accorde, pour ne pas dire bêta, mais toutefois fort répandu de nos jours dans les relations plus ou moins stables qu’entretiennent les professionnels de la table et leur clientèle.
Les restaurants gastronomiques les plus cotés, ne désemplissant jamais compte tenu de leur notoriété, utilisent également cette méthode pourtant plus commune que leur cuisine. J’ai personnellement vu des fast-foods bloquer des tables pour X personnes suite à un appel téléphonique (et ils le font même chaque mercredi pour les anniversaires de mouflets). Pas un restaurant aujourd’hui n’ignore à quel point la balourde méthode de « la réservation » est confortable pour le client, à l’exception d’un : l’entrecôte.

A l’entrecôte, lorsque j’appelai, on me sourit poliment au téléphone et on m’expliqua qu’il n’y avait pas de réservation possible, qu’il fallait venir directement et pis c’est tout !
« Ah… ? » répondis-je alors en essayant de masquer mon désarroi et le fait que j’avais un peu l’air d’un con.
Alors je me rendis directement à l’établissement en question tout en essayant de me remémorer le dernier repas à cette enseigne ; mes souvenirs évoquèrent pêle-mêle un repas savoureux mais aussi et surtout une attente significative avant d’avoir une table, ce qui me permit à l’époque d’observer à loisir, et debout pendant 45 minutes, mes contemporains assis en train de manger, ce qui je dois l’avouer fut une expérience assez neutre somme toute, pour ne pas dire profondément chiante.
Arrivé à l’adresse, je distinguai un attroupement sur le trottoir d’environ 5 âmes en peine grotesquement alignés dans la posture de ceux qui attendent le bus, la marée ou l’ouverture des grilles du palais omnisport de Bercy. Voilà pour la partie émergée de l’iceberg, celle qui subit les assauts des intempéries, car à l’intérieur immédiatement derrière la porte sont plantés dans la même posture le triple d’individus tous sagement en file indienne, attendant gentiment que ceux qui sont assis se lèvent, ce que ces derniers ne sont pas pressés de faire compte tenu du fait qu’eux-mêmes ont gagné leur place après 3/4 d’heure d’attente…

Il en est ainsi à l’Entrecôte ; ton repas, il faut le mériter (en plus de le payer cela va sans dire). Il faut faire acte de pénitence pour avoir le droit, que dis-je, le privilège d’avoir une table.
C’est un peu comme dans le corps médical, l’attente est une tradition, à cette différence que les médecins ont la décence de t’offrir une chaise et de la lecture pour te faire patienter.

Folzebuth

Publié dans Colère

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Le G 03/07/2006 14:48

Ah oui mais pardon ! L'entrecôte, c'est "the place to be" !Déjà, vous faites la queue comme dans ces "grandes surfaces commerciales du samedi". Puis on ne vous demande pas de choisir puisque le menu est unique, toujours comme dans ces grandes surfaces, temple de la consommation pour pingouins décérébrés, ou il faut acheter ce qu'on vous donne en pâture.Ainsi, la sortie nocturne du vendredi soir devient une préparation à la sortie du lendemain. Et pour peu que tu prennes le metro pour regagner ton appart au 18ième étage, l'image du pingouin te collera un peu plus à la peau....Bon, ceci-dit, j'y vais aussi, à l'entrecôte. Faut bien s'amuser comme tout le monde !!! Je choisis juste les bons jours.

stephane 14/03/2006 16:40

Avec le nombre de restaurant que compte notre cher pays et j'suis pas patriote pour deux sous voire meme plutot partisant de l'abolition de ces lignes virtuelles que l'on voit uniquement sur les cartes géopolitique et proteger par des gardes barrieres imbéciles, je comprends meme pas qu'on puisse faire la queue pour manger au restaurant.... On fais jouer la concurrence ! Y a un super episode de Seinfield qui en est le theme principale... ils passent tout l'épisode à attendre une table.