Chroniqueur... un métier.

Publié le par Folzebuth

La télévision est un outil étrange.
Elle arrive, et je pèse mes mots, à me faire ressentir des émotions que rien d’autre au monde ne peut faire germer dans le terreau pourtant fertile de mon fort intérieur ; des sensations que je ne croyait même pas possible, dont j’ignorais même jusqu’à l’existence.

En regardant le zapping par exemple – véritable déversoir à fiente que ce que le PAF peut produire, en un concentré intéressant de moins de 2 minutes – je suis tombé sur une intervention d’un chroniqueur de chez Laurent Ruquier (voir photo), au sujet de la pertinence de laisser ou non François Fillon comme chef du gouvernement, puisque les médias ont récemment décidé que c’était au tour de Xavier Bertrand de s’y coller…

Comment te dire avec des mots simples…
Un léger vertige qui t’oblige à t’asseoir… de l’embarras… de la gêne…
J’étais, abasourdi, consterné et coi devant la juvénilité, la bêtise et surtout le néant absolu en terme de contenu de l’intervention de ce freluquet au sourire figé en un rictus hystérique de contentement orgasmique définitif.
Du rien déclamé avec aplomb, c’est tout de même inédit !
Jusqu’alors, les endives décoratrices de télé comme Olivia Adriaco ou Eve Angeli mettaient en valeur – du moins du point de vue des producteurs – un animateur principal, et ne s’autorisaient pas le moins du monde à commenter l’actualité politique, la conjoncture économique ou encore les perspectives d’évolutions du monde éducatif.
Aujourd’hui, on demande à n’importe quel incompétent lambda de chroniquer sous prétexte qu’il connaît le langage sms, s’habille chic, cher et jeune. Alors il chronique, même s’il n’a pas grand chose à dire, et qu’il ne sait pas comment le dire, le tout étant de le formuler avec conviction.
La sagesse populaire affirme que « Les avis, c’est comme les anus, tout le monde en a un », alors quitte à ce que le service public fasse dans le magazine de société facile où l’on donne son opinion sur tout et n’importe quoi (le dernier album de machin, un homme politique, une pièce de théâtre...), il me semble judicieux de ne justement pas sélectionner des trous-d’uc superficiels pour tenir le crachoir. Si je veux l’avis de monsieur tout-le-monde, je n’ai pas besoin de la télé, je peux lui demander directement, monsieur tout-le-monde habite à côté de chez moi !
 

Tu vas me dire et alors ? C’est la première fois que tu ressens de la gène ?
Je vais te répondre : En étant seul dans la pièce ? Oui !
Je tortille d’inconfort sur le canapé, je grimace, mon pouls s’accélère, je transpire, je regarde autour de moi si quelqu’un me regarde alors que je me sais seul… je suis embarrassé… j’ai honte. Comme en fait l’hurluberlu ne montre pas de signe d’embarras, le malaise se diffuse par le poste, s’insinue insidieusement en moi par transfert ; un peu comme quand tu te réveilles la nuit après un cauchemar, genre tu as gardé ton pyjama et tes pantoufles pour aller au collège et tout le monde se moque ; tu te réveilles sous le choc, et bien que sachant qu’il ne s’agissait que d’un délire onirique, tu as quand même cet inconfort, cette boule à l’estomac, cette sueur froide qui ne s’en ira qu’après le lever et un bon café.

Heureusement que ce n’était que le zapping, et que la séquence fut éphémère ; quelques minutes de plus et je n’y aurais pas survécu (quoi j’exagère ?)

Un peu après dans ce même zapping, j’ai observé Jean-Pierre Coffe, que j’avais déjà pu voir dans ses exploits de la veille sur le plateau à Denisot, faire son désormais célèbre, truculent et systématiquement attendu n° de Che Guevara de la bouffe… il m’a agaçé.
C’est imparable désormais, tu invites Coffe, il faut absolument qu’il y ait la petite séquence de provoc’ (qui te garanti manifestement un passage au zapping le lendemain) où des produits sont balancés dans le public, des grossièretés proférées et des interlocuteurs brocardés, voire pire…
Et d’agresser un autre invité, un médecin nutritionniste quelconque venu vendre son bouquin, sur un air de : «
Les gens ferait mieux d’aller au marché acheter de bons produits plutôt que de lire votre bouquin » et « Vos biscuits machin je me les carre dans le cul » (je cite).
Ce vieil homme oublie facilement que :

1/ Tout le monde n’a pas de marché en bas de chez soi pour y faire ses courses 2 à 3 fois par semaine comme lui.
2/ Tout le monde n’a pas le temps non plus de passer sa vie devant les étals de choux-rave des maraîcher pour leur renifler le derrière (aux choux) – ce ne sont pas mes lecteurs citadins qui se mangent 2h de métro par jour qui me contrediront.
3/ Preuve est faite qu’il n’a pas mal au cul (pour s’y carrer des biscuits secs) car des bouquins, il en a vendu quelques-uns lui aussi (28 si l’on en croit wikipedia), en faisant de la promo dans des émissions lui aussi, et personne n’est venu lui casser les couilles à ce moment-là.

C’est surtout ce point n°3 qui m’étrangle : avoir autant profité du système médiatique et conspuer en direct ceux qui essaient de s’y faire une place.
 
Folzebuth 

Publié dans Agacement léger

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no 05/04/2008 18:16

je m'attendais à voir surgir le nom d'anne elizabeth lemoine lol je suis déçue, d'accord pour coffe (j'ai vu la dite émission) pour steevy bouley bah n'est ce pas comme tirer sur une ambulance? (vise les pneus) cela dit  je comprend ce que tu as pu ressentir la médiocrité nan la nullité comme fond de commerce ça dégoute toujours

Folzebuth 06/04/2008 10:17


Lemoine est toujours fidèle à son niveau, j'attend simplement une absurdité  plus haute que que sa moyenne quotidienne, un
dessus du panier, pour lui consacrer un nouveau billet ; relater l'intégralité de ses envolées ineptes occuperait un blog à temps plein.

Pour ce qui est l'ambulance, quand le patient est à ce point dans le coma, on est à 2 doigts du corbillard. Donc pas d'état d'âme.
;o)


Xdc-S@nCh 05/04/2008 14:28

500 milliards de mouche mangent de la merde, toutes ne peuvent avoir tort...Ben là c'est pareil.

Folzebuth 06/04/2008 10:18


BBbbzzzz


Nicolas 05/04/2008 12:51

Ces gars ne sont pas là en tant que personnes mais en tant que rôles. Ils doivent faire le petit numéro pour lequel on les a placés le cul sur la chaise devant la caméra.Bon week-end à toi.

Folzebuth 06/04/2008 09:55


Sûr.
Mais à mon sens, certains n° devraient s'arrêter alors qu'ils fonctionnent bien, plutôt que s'acharner dans la longueur et la répétitivité, au risque de lasser.
Polac est vieillissant, Choron n'est plus, Gainsbourg est parti... seul Coffe s'obstine à faire son n° de provoc'  mais le n° est usé, le tout sur fond de maladie de Parkinson. C'est plus
triste qu'autre chose en y réfléchissant.


Ed la Krapaille 05/04/2008 10:11

je connais cette gène. J'ai parfois la même quand sur les zondes FM, une radio prend en ligne (et en direct, ce que ne fait plus la TV, on sait pourquoi) un "auditeur" et que alors, tout devient possible.C'est pour cela que je ne regarde plus que du reportage ou de la fiction à la TV, parfois à temps perdu le 6 minutes d'M6, mais jamais-jamais les show où les pipeuls du moment qui viennent vendre leur film ou leur bouquin (ou un espace pub à venir dans 3mn) en font des tonnes, sur-joue leur role de crétin ou de provocateur.Ce qui me surprend c'est que toi, shochitsou, tu persistes. C'est bon d'avoir mal ?

Folzebuth 06/04/2008 09:08


Je reste un fidèle de l'émission de Denisot car :
Denisot, c'est mieux qu'Arthur ou Cauet
Laurent Weil est chroniqueur ciné selon mon coeur
Yann Barthès, Omar et Fred me font sourire voire rire
Jean Michel Apathie n'est pas un imbécile, même si parfois ses propos manquent de tempérance

Et comme j'aime que la télé soit allumée quand je cuisine, c'est ce qu'il y a de plus regardable entre 19h et 20h30 (un peu de ciné, un peu d'actu musicale, un peu d'info, un peu d'humour, un
invité politique... c'est un pot pourri qui me convient).

Mais il est vrai que parfois, les invités m'agacent ; d'un autre côté, ça me donne du grain à moudre pour ce blog.