La technologie, ça sème ?

Publié le par Folzebuth

La boîte de Pandore, le retour de flamme, l’outil de trop…

Tout a commencé dans le courant du siècle précédent.

Le cinéma a fait son apparition lentement au cours du siècle dans des salles ou il fallait payer pour voir un spectacle sur grand écran.
Différents courants musicaux sont éclos et il fallait payer, soit pour voir l’artiste se déchaîner sur scène, soit pour avoir un enregistrement sur disque vinyle 33 tours à écouter chez soi sur une platine assez chère pour l’époque.
La télévision a également vu le jour, en noir et blanc tout d’abord, puis en couleur, avec 2 redevances* différentes qu’il fallait (et faut encore) bien entendu payer, pour revoir ces mêmes artistes de variété au petit conservatoire de Mireille, ou dans Midi Première présenté par Danièle Gilbert, et pour revoir dans « La dernière séance » présentée par Eddy Mitchell le film que l’on a déjà vu au cinéma.
Toujours dans le courant du siècle écoulé apparu la bande magnétique. Tout d’abord utilisé dans les années 40-50, elle fut mise à disposition du grand public dans le courant des années 60. Très rapidement les Majors de l’industrie du droit d’auteur ont flairé l’embrouille avec pour la première fois un système d’enregistrement et de reproduction privé pouvant générer une fuite de fonds. Ils ont même déjà à l’époque essayé de tousser devant les tribunaux et ont été gentiment mouchés.
Ils ont été également renvoyés dans leurs 22 lorsqu’ils ont crié au scandale lors de l’avènement du magnétoscope, tu sais cette machine qui enregistrait le programme télé, sur une grosse cassette noire.

Puis à partir des années 70 tout s’est accéléré.
Les lecteurs VHS de salon se sont transformés en magnétoscopes, puis pour certains en lecteur vidéo CD, puis en lecteur DVD, puis pour certains en enregistreurs sur disque dur de forte capacité, et aujourd’hui en lecteurs Blue Ray…

Côté musique ?
Le tourne disque à progressivement cédé sa place au lecteur cassette magnétique, au lecteur enregistreur double/cassette (avec fonction copy auto svp), au lecteur CD, au lecteur enregistreur de mini-Disc, au lecteur CD mp3…

Avant, un artiste musical pouvait faire une carrière de 4 ou 5 ans et partir à la retraite sur un voilier pour le restant de ses jours (tout en négociant sur la fin un contrat juteux avec un lunetier plagiste).
Avant, lorsque tu voulais une photo d’un artiste, il fallait payer le magazine qui la contenait. Si tu voulais un morceau de musique, il fallait l’acheter, voir l’artiste en concert, payer. Voir l’artiste dans une émission de télé ? Payer la redevance de la chaîne qui finance le programme qui achète la star en question. Un vidéo-clip de la star du moment ? Même chose.

Mieux encore.
Fan d’un vieux groupe, ton mange-disque vinyle rend l’âme, tu veux retrouver les albums dans un format différent ? Tu payes. Comment ça tu les avais déjà tous achetés déjà par le passé… on s’en fout du passé coco… tu raques !

Tu pensais que cela durerait encore combien de temps ?

Dans une main tu as une industrie culturelle de la musique et de l’image qui se gave depuis quelques décennies, en demandant des sous pour eux (et leurs descendants) à chaque vente, diffusion, copie de leur production. Pas besoin d’alimenter la machine ; tu bosses 1 fois, tu as un gros succès et tu engranges Ad Vitam.

Dans l’autre main, tu as une industrie technologique qui n’a de cesse de créer de nouveaux supports rendant les précédents obsolètes (ayons une pensée émue pour celui qui a acheté en son temps un lecteur VCD, tu sais ces lecteurs où le film était contenu sur une galette numérique de la taille d’un 33 tours, à des prix scandaleux ; si eux on ne s’est pas gentiment foutu de leur gueule…).

Le plus génial dans cette vaste entreprise presse-larfeuille est que la notion de support media est noyée dans celle du droit d’auteur. A chaque changement de technologie de salon, il faut à nouveau payer pour avoir ce qu’on a déjà… Va à la FNAC demander un échange standard d’un film VHS contre le même en DVD, sur un air de « J’ai déjà payé l’auteur, j’y ai donc droit non ? ». Même en proposant de payer pour le prix matériel du DVD, tu risques au mieux un sourire embarrassé de ton interlocuteur, au pire une expulsion manu militari par un vigile en costume anthracite.

A ce sujet, j’espère que tu es content de ta collection de DVD, car dans 15 ans quand les lecteurs DVD n’existeront plus et que le tien aura rendu l’âme, tu pourras toujours t’en servir pour caler des meubles ou jouer au frisbee.

Puis est arrivé internet… Et d’un excès nous sommes passés dans un autre.

Avec l’arrivée du « libre échange » électronique, ce n’est plus une fuite ni une voie d’eau, mais un naufrage pur et simple ou n’importe qui équipé d’un PC et d’un accès internet peut acquérir ce que bon lui semble d’un simple clic. Une société a qui on disait paye, paye, paye, devient hystérique devant la possibilité de truander et d’obtenir sans frais tout et n’importe quoi. Alors ça télécharge massivement, parfois même plus qu’il n’y a de temps pour tout voir. Le téléchargement purge, compulsif ; une certaine ivresse.
La situation, à l’instar de la consommation de cannabis, est juridiquement ingérable tant les contrevenants sont nombreux.

La technologie a permis aux vedettes de rentrer massivement dans les foyers du monde moyennant finances sonnantes et trébuchantes, cette même technologie les a poignardé définitivement au changement de millénaire avec la démocratisation des graveurs numériques et d'internet.
Je n’ai pas de solution, même pas de morale à trois sous à faire sur ce sujet.
Je suis juste curieux de savoir comment les choses vont évoluer dans les 10 prochaines années.

 
Folzebuth. icon_metal.gif

*La redevance audiovisuelle sert à financer des chaînes dites de service public, contenant tout plein de publicités et faisant systématiquement de moins bon chiffres d’audience que d’autres chaînes privées, également pleines de pub et de programmes putassiers en diable.

Publié dans Interrogation

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