Des lettres sur les boules

Publié le par Folzebuth

Ce matin, JT de Canal…
Bruce Toussaint qui narre une info concernant la ville de Grenoble.
Grenoble où, sur ces téléphérique en forme de boule (d’où le titre) communément appelé « œufs » apparaissent désormais, au grand dam des grenoblois, des lettres, une par boule, lettres écrites en IMPACT 72 de couleur jaune sur fond bleu, que l’on distingue très clairement sur le cliché de la coupure de presse que brandit le journaliste.

Les lettres sont, je vous les livre faute d’avoir pu récupérer le cliché sur le net, I, K, E et A, et les quatre boules misent cote à cote forme un mot que, si tu as plus de 4 ou 5 ans, tu devrais arriver à lire.

Cela donnait ceci en gros :

I K E A
 

Bien

Sauf que le journaliste, lui, n’y arrive pas, et de déclarer au téléspectateur que je suis – à peu de chose près – la phrase suivante :
 

 

« Les grenoblois se sont réveillés avec sur leur téléphérique de la publicité pour une célèbre marque de meubles… blabla blabla… »
 


(...) une célèbre marque de meubles.
Parfois, quand ce que j’observe me semble trop con, je fais de l’apnée compulsive. Je reste coi, interdit devant l’absurdité de la chose… le vertige, tu défailles et cherche une notion raisonnable à laquelle te raccrocher afin de ne pas voir ton esprit exploser en une gerbe gluante d’incompréhension totale.

 

Le type tient dans ses mains une photo sur laquelle la marque en question saute à la figure, mais il se refuse à prononcer le mot.

 
Pourquoi… ?
Vraisemblablement une question de droit qu’il n’a pas.

Mais s’il n’a pas le droit de le dire, pourquoi-a-t-il le droit de montrer l’info où le nom maudit figure. C’est tellement ahurissant de connerie que, comme d’hab’, ça m’énerve, je fulmine, je tachycardise.
 

Et s’il a le droit de le dire, pourquoi ne le fait-il pas cet âne ?

 

Quand l’actu relate un PDG et son golden parachute, on mentionne bien le nom de la société qu’il quitte… on ne parle pas « d’une célèbre entreprise spécialisée dans les médias et les télécommunications ».
Quand l’info traite d’un naufrage pétrolier ou d’un délit d’initié de grande envergure, on ne parle pas d’un « grand groupe pétrolier » pas plus que d’un « groupe industriel spécialisé dans l'aéronautique civile et militaire », on cite le nom des sociétés.

 

Une chose est sure. Sur les milliers de spectateurs d’un tel instant magique de télévision, seul les non-voyants (qui à défaut de voir la télé pour les infos peuvent au moins l’écouter) ne sauront pas de quelle marque il s’agissait dans le reportage.
Est-ce important ?
Sans doute que non.

 

Mais ce qui m’écœure, c’est cette farandole perpétuelle d’hypocrisie à vomir qui conduit un journaliste quel qu’il soit à ne plus pouvoir parler de vin sans être légalement tenu de dire « gnia gnia gnia à consommer avec modération ».

 
Folzebuth
 

Publié dans Agacement léger

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