Capilliculture, philo et tartes

Publié le par Folzebuth

Le philosophe

"Un philosophe est une personne pratiquant la philosophie, et puisqu'il y a certainement autant de manières de la pratiquer qu'il y a de philosophes, il n'est pas facile de décrire brièvement ce que peut être un philosophe."

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Voilà une entrée en matière des plus décevante pour qui cherche une définition concrète, et des plus enthousiasmante pour qui s’apprête à démolir le concept de philosophie sur une pleine feuille A4 avec un aplomb et une mauvaise foi à la limite du soutenable.

Un philosophe est une personne qui se pose des questions d’ordre général sur une multitude de sujets existentiels tels que l’argent, l’amour, le langage, la religion ou encore le travail (pour n’en citer que quelques-uns) ; Autant de sujets sur lesquels tout un chacun est amené un jour à mener la réflexion, ce qui ne les différencient donc en rien du philosophe.
Qui en effet ne s’est jamais demandé si « le travail rend-il l’homme heureux ? » ou  « Pour avoir du goût, faut-il être cultivé ? » ou encore « Peut-on parler pour ne rien dire ? » (comment ça ce blog en est l’exemple type ?). Encore que ce n’est pas tout à fait vrai puisqu’en cherchant un peu, il est aisé de trouver des individus pour lesquels, la seule question existentielle à se poser 365 jours par an est : « Y-a-quoi-à-la-télé-ce-soir ? »

La différence essentielle entre le citoyen moyen amené parfois à se poser les mêmes questions que le philosophe, réside dans le fait que le philosophe réfléchit à voix haute. Il fait généralement des phrases qui explosent le concept basique du sujet-verbe-complément, avec quelques mots pointus et une réflexion profonde qui de l’auditoire fait dégager un « Aaahhh » d’admiration béate, même en n’ayant rien pigé.
Exemple :
« En effet, la religion comme croyance individuelle enseigne à l’homme sa fragilité et la précarité de son existence temporelle en tant qu’il ne s’appartient pas vraiment à lui-même mais dépend d’un Dieu supérieur ou transcendant. »

Aaahhh !

Un point essentiel par ailleurs dans la syntaxe et le choix des mots du philosophe se trouve dans le concept de relecture obligatoire. Jamais phrase de philosophe ne saurait être comprise du premier coup. Imaginez-vous un prof de philo déclarant tout de go en classe de terminale à ses élèves :
« Dès lors, le fait de dire que la morale n’est qu’une affaire d’opinion semble erroné. En effet, en partant du constat que la plupart des sociétés occidentales se rejoignent quant à leur façon de juger moralement (ce qui explique la force des droits de l’homme par exemple), nous pouvons penser qu’il y a une certaine universalité de la morale qui dépend moins de notre opinion que de notre raisonnement sur notre façon d’exister, ce qui conduit à penser que la morale est liée aux progrès de la science, c’est-à-dire dépend de la façon dont les hommes progressent dans leurs manières de réfléchir et de découvrir la vérité »
Et les élèves de répondre :
« Sûr »
« C’est évident, j’en parlais encore hier soir à mes parents »
« C’est un point de vue intéressant mais auquel je ne saurais adhérer sans une redéfinition de l’universalité de ladite morale dans le contexte actuel d’une science qui en est dépourvue, vous en conviendrez. »


Science-fiction.

Les réponses seront plus vraisemblablement :
« hein ? »
« Sa race comment y cause le prof, j’y capte qu’dalle. Zyva, fait méfu, sale chacal"
(sans rapport avec ce qui nous intéresse) !


Autre point caractéristique : le philosophe ne sait pas se coiffer. Se devant d’être intemporel comme ses prédécesseurs pour passer à la postérité (et être cité au BAC quelques décennies plus tard), le philosophe ne se plie à aucune mode capillaire et porte donc une broussaille en guise de chevelure. Une coupe courte ne saurait être tolérée dans le cercle fermé des philosophes contemporains, quant à la coupe Michalak, c’est la radiation assurée.


Plus le cheveu est long, plus la réflexion est profonde. Le poil ras n’est bon qu’au Skin-Head des années 80, et aux sportifs de nos jours.

Note au passage que, tout bon penseur et docte jardinier de la réflexion globale pour ses contemporains, le philosophe n’en est pas moins homme et peut très bien mettre ses principes et le fruit de ses réflexions sous un mouchoir lors de stimuli émotionnels intenses.

***

(…) la violence n’est pas donnée naturelle primitive mais toujours seconde : conséquence et moyen (la conséquence est seconde par rapport à la cause; le moyen est toujours lui aussi second : par rapport à une fin qui doit être posée préalablement et par rapport à laquelle il a un sens... mais peut-être pas une justification comme nous le verrons par la suite.) Arguments et références : la neurophysiologie, la psychologie animales et la paléontologie nous apprennent, d’après Fromm, un psychanalyste américain, que les animaux ne sont agressifs a/ qu’en vue de se nourrir, de se conserver en vie : l’agressivité est moyen (seulement) b/qu’en réaction à l’attaque dans le seul cas où ils ne peuvent s’enfuir, afin de préserver leur vie ( agressivité défensive et donc réactionnelle, conséquence et non cause, seconde et non primitive) c/ entre eux mais cela ne va jamais jusqu’à la mort du congénère; pas de torture, de destruction mais le plus souvent une simple attitude de menace qui sert d’avertissement. Sans compter que ces "chamailleries" non sanguinaires font office d’éducation à la chasse chez les plus jeunes ! La violence ou ce qui paraît tel ici est toujours réaction, conséquence ou moyen mais non fin en soi ayant comme telle de la valeur, et partant, elle n’est pas rigoureusement nécessaire ni juste en soi.
Source

Passons aux travaux pratiques :



(cette vidéo présente l’intérêt double d’étayer mon propos inepte, tout en revoyant le grand Pierre, ce qui pour moi est toujours un plaisir).


Pourquoi alors te parle-je de ceci ami lecteur ?
Ben juste pour le plaisir de balancer que le métier de Philosophe, je n’en pense pas grand chose, qu’une discipline au BAC où les élèves exultent et sont chaudement félicités quand ils ont 7/20 est une gentille absurdité, et qu’à trop écouter un type qui revêt ce type de cape, on n’est pas à l’abri de l’entendre déblatérer n’importe quoi









Dépêche de dernière minute :
On m’avise que la personne en photo ci-dessous ne serait pas Yul Brynner mais Michel Foucault, philosophe du siècle dernier décédé en 1984.


michel-foucault.jpg

C’est ennuyeux, voilà qui fiche en l’air ma démonstration capillaire…

Bah, après tout : L’erreur pour l’humain n’est-elle pas moins imputable au dément qu’à celui qui se repaît de sa prose ?

Vous z’avez 4 heures.

Folzebuth

Publié dans Je me marre !

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Riff 20/05/2008 13:27

pour te paraphraser : ben merde alors. enfin un qui a vu "esprits rebelles" et a osé appliquer la pédagogie de michelle pfeiffer ^^

Riff 20/05/2008 01:18

oui mais finalement l'absence de cheveux est encore plus intemporelle que la chevelure non coiffée : on observe dans les musées d'antiquité des portraits de patriciens romains chauves, et ya eu des tas de philosophes chauves dans l'antiquité (sisi j'y étais) dont les élucubrations seront probablement encore étudiées quand celles de BHL seront tombées aux oubliettes...(moi j'avais eu 10 en philo au bac, et j'étais bien content.)

Folzebuth 20/05/2008 10:35


J'ai entendu sur France Inter ce matin qu'un prof a fait bosser ses élèves sur Spinoza en leur montrant X-Men...

Ben merde alors. Si seulement j'avais eu droit à un tel traitement de mon temps...


Edmond la Krapaille 25/10/2007 12:33

en même temps, Foucault (Michel, pas Jean-Pierre) c'est pas exactement la même famiulle que BHV..Ceci expliquant probablement celà.

Folzebuth 25/10/2007 20:21

Ah Ed !!!Tout de même.Tu avais déserté l'espace "commentaire" de ce blog, je commençais à m'inquiéter.Welcome back